Centrafrique: un cinquième Casque bleu tué

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Nations unies (Etats-Unis) (AFP) – L’ONU a annoncé jeudi la mort d’un cinquième Casque bleu en Centrafrique, trois jours après l’attaque d’un de ses convois par un groupe armé dans ce pays toujours très instable, où de nouveaux affrontements ont fait de nombreuses victimes.

« Le Casque bleu marocain qui avait été porté disparu a maintenant été trouvé mort », a indiqué à la presse le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric au siège à New York.

Quatre soldats cambodgiens ont également été tués dans cette attaque, la plus meurtrière contre la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) depuis son déploiement en 2014 lors des combats entre groupes armés Séléka pro-musulmans et anti-Balaka majoritairement chrétiens.

Le convoi a été arrêté par un barrage lundi soir dans le sud-est près de Bangassou, en provenance de Rafai le long de la frontière avec la République démocratique du Congo, a précisé la Minusca qui attribue l’ouverture des hostilités à un groupe anti-Balaka.

Un Casque bleu cambodgien a été tué dans l’échange de coups de feu, de même que huit assaillants, d’après la force onusienne. Dix Casques bleus ont été blessés, dont neuf marocains.

Trois autres Casques bleus cambodgiens, « appréhendés » par les assaillants lors de l’attaque, ont été retrouvés morts mardi, « sauvagement assassinés », avait indiqué la Minusca.

Par ailleurs, des combats entre anti-Balakas et une faction de l’ex-Séléka, l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), ont fait plusieurs morts parmi les civils ces derniers jours à Alindao dans le centre du pays, selon des sources concordantes.

Ces affrontements mardi ont fait 37 morts et de nombreux blessés dont des civils, d’après un bilan de la Croix-Rouge centrafricaine, qui évoque également 3.000 déplacés.

« Nous n’avons pas de bilan officiel pour Alindao mais regrettons vivement la présence d’enfants-soldats dans la région, y compris dans les rangs de l’UPC. La situation dans la région est préoccupante », a pour sa part indiqué le porte-parole de la Minusca, Hervé Verhoosel.

Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, doit assister à un hommage vendredi à Bangui aux cinq Casques bleus tués. M. Lacroix doit aussi rencontrer des dirigeants du pays pour leur exprimer son « fort soutien à la mission de maintien de la paix de l’ONU ».

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et le Conseil de sécurité ont fermement condamné l’attaque et demandé que les responsables soient traduits en justice.

La Centrafrique a basculé dans le chaos en 2013 après le renversement de l’ex-président François Bozizé par les rebelles Séléka pro-musulmans, entraînant la contre-offensive de groupes anti-balaka majoritairement chrétiens.

L’opération militaire française Sangaris (décembre 2013-octobre 2016) et l’intervention des Nations unies ont permis la fin des massacres de masse, l’élection du président Faustin-Archange Touadéra et un retour au calme à Bangui, mais pas dans l’intérieur du pays où des groupes armés se battent pour le contrôle des ressources (or, diamant, bétail…).

Un premier bataillon de 650 soldats centrafricains a été présenté jeudi matin à Bangui aux autorités après avoir été entraîné pendant plusieurs mois par une mission militaire de l’Union européenne, a-t-on appris auprès de cette mission.

La mission EUTM-RCA tente de restructurer l’infanterie et le commandement des anciennes forces armées centrafricaines (FACA), qui se sont effondrées lors du conflit commencé en 2013.

Carte de localisation de l’attaque d’un convoi où un Casque bleu a été tué dans le sud-est de la Centrafrique, 4 autres portés disparus et 8 blessés lundi entre Rafai et Bangassou

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