Le Hamas arrête le meurtrier présumé d’un de ses commandants

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Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) – Le nouveau chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a annoncé jeudi l’arrestation d’un homme accusé d’avoir assassiné pour le compte d’Israël l’un des commandants militaires du mouvement islamiste palestinien.

La mystérieuse exécution de Mazen Faqha le 24 mars, apparemment minutieusement préparée, avait suscité un accès de nervosité dans le bande de Gaza et au sein du Hamas, qui gouverne sans partage ce territoire reclus.

Le mouvement palestinien avait instantanément vu dans le crime la main de son grand ennemi israélien, auquel il a livré trois guerres dans la bande de Gaza depuis 2008.

Depuis une nouvelle confrontation dévastatrice pour la petite enclave en juillet-août 2014, Israël et le Hamas observent un cessez-le-feu tendu tout en se préparant à la prochaine escalade.

Pour le Hamas, la mort de Mazen Faqha, abattu par balles devant chez lui à l’âge de 38 ans, s’inscrit dans la lignée des éliminations ciblées conduites par Israël et auxquelles ont succombé plusieurs figures du mouvement islamiste par le passé.

Israël accusait Mazen Faqha d’être le cerveau de plusieurs attentats suicide meurtriers au cours de la deuxième Intifada, le soulèvement populaire palestinien de 2000 à 2005.

« Nous pouvons annoncer que le meurtrier et criminel qui a exécuté les ordres des officiers des services de sécurité sionistes est entre les mains des services de sécurité » du Hamas, a déclaré M. Haniyeh.

« Il a avoué son crime », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse en dehors de la maison de Mazen Faqha dans la bande de Gaza, près de laquelle ce dernier avait été abattu.

Aucune indication n’a été livrée sur l’identité du suspect.

– « Heureux et fiers » –

Mais « le meurtrier sera châtié pour son crime », a dit M. Haniyeh, s’exprimant au côté de la veuve et laissant peu de place au doute quant à une probable condamnation à mort.

« L’ennemi sioniste a infligé un coup douloureux à la résistance » mais aujourd’hui, « nous sommes heureux et fiers de nos hommes, de nos services de sécurité et de nos brigades », a dit M. Haniyeh.

L’assassinat de Mazen Faqha avait causé une onde de choc dans le territoire. Israël faisait un suspect évident. Le Hamas invoque le professionnalisme avec lequel l’opération a été menée selon lui pour désigner le Mossad, le renseignement israélien, avec la complicité locale de « collaborateurs ».

En agissant en pleine bande de Gaza, entièrement sous la coupe du Hamas et où aucun Israélien n’a intérêt à s’aventurer, Israël montrerait qu’il peut atteindre son ennemi n’importe où.

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman avait rejeté les accusations du Hamas, laissant clairement entendre que Mazen Faqha pourrait être tombé sous les balles du Hamas, victime de sombres règlements de compte internes.

Cet assassinat et la mise en cause d’Israël avaient suscité les spéculations sur la riposte du Hamas et le risque d’une nouvelle escalade.

Le 6 avril, le Hamas avait fait un exemple en pendant trois hommes accusés de collaboration avec Israël pour des faits antérieurs à la mort de Mazen Faqha.

Cette première exécution collective à Gaza depuis 2014 constituait « un message envoyé aux services de sécurité de l’ennemi (israélien) et aux collaborateurs », avait dit alors Tayssir al-Batch, chef de la police du Hamas.

Pour empêcher l’exfiltration de « collaborateurs » après l’assassinat de Mazen Faqha, le Hamas avait pris la mesure exceptionnelle de fermer l’unique point de passage pour les Gazaouis vers Israël. Il a depuis levé ces restrictions.

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