Afrique du Sud: bataille juridique autour de l’avenir de Zuma

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Johannesburg (AFP) – La plus haute juridiction sud-africaine a débattu lundi d’une requête de l’opposition sollicitant un vote de défiance à bulletins secrets contre Jacob Zuma au Parlement, nouvel épisode de la bataille politique engagée autour de l’avenir du président.

Au terme de près de huit heures d’audience, le président de la Cour constitutionnelle, Mogoeng Mogoeng, a renvoyé son jugement à une date qu’il n’a pas précisée.

Banderoles « Zuma doit partir » au vent, plusieurs centaines de manifestants se sont mobilisés toute la journée autour de la Cour, dans le centre de Johannesburg, pour appuyer la demande des partis d’opposition en faveur d’un vote secret.

Les adversaires du chef de l’Etat ont déposé contre lui une nouvelle motion de défiance pour dénoncer le remaniement ministériel controversé de la fin mars, marqué par l’entrée au gouvernement d’une dizaine de ses proches.

Le respecté ministre des Finances Pravin Gordhan, défenseur de la bonne gestion des deniers publics, avait été la principale victime de cette décision, qui a fait des vagues jusque dans les rangs du Congrès national africain (ANC) au pouvoir.

L’opposition a exigé le secret du vote de la motion déposée au Parlement, persuadée de pouvoir « retourner » une partie des députés ANC qui y ont la majorité absolue.

Face au refus de la présidente de la chambre, Baleka Mbete (ANC), qui a estimé que la Constitution n’autorisait pas le vote à bulletins secrets, l’affaire a atterri devant la Cour constitutionnelle.

– ‘Vote en conscience’ –

Quelle qu’elle soit, sa décision n’aura toutefois qu’une portée limitée. Seule Mme Mbete, jusque-là loyale à Jacob Zuma, décidera de l’opportunité d’un vote à bulletins secrets plutôt qu’à main levée devant le Parlement.

Lors des votes de défiance précédents, l’ANC a toujours soutenu le chef de l’Etat.

« Très bientôt, les députés de l’ANC vont devoir choisir entre ce qu’il y a de mieux pour eux et ce qu’il y a de mieux pour l’Afrique du Sud », a déclaré lundi devant la Cour Mmusi Maimane, le chef de l’Alliance démocratique (DA, libéraux).

« Peu importe ce que la Cour constitutionnelle décide aujourd’hui, bulletin secret ou non, tout ce que nous demandons c’est que les députés votent avec leur conscience », a plaidé le chef du principal parti d’opposition devant ses troupes.

« Nous ne nous arrêterons pas ici », a promis M. Maimane.

« Si le Parlement ne destitue pas Zuma, c’est le peuple qui fera partir l’ANC lors des élections de 2019 », a renchéri un manifestant, Daniel Mninele, partisan des Combattants économiques de la liberté (EFF, gauche radicale).

Depuis le remaniement, l’opposition, DA et EFF en tête, a fait descendre des dizaines de milliers de personnes dans les rues du pays pour exiger le départ de Jacob Zuma, visé dans plusieurs scandales de corruption.

L’ANC doit élire en décembre le successeur de M. Zuma en vue des élections générales de 2019.

Au pouvoir depuis la fin officielle de l’apartheid en 1994, le parti de Nelson Mandela a perdu une partie de sa popularité et a essuyé un revers aux élections locales de l’an dernier en perdant le contrôle de plusieurs villes, dont Johannesburg et Pretoria.

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