Américain libéré par Pyongyang: sa famille dénonce des mauvais traitements

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Washington (AFP) – Le père de l’étudiant américain rapatrié aux Etats-Unis dans le coma après sa détention en Corée du Nord a exprimé jeudi son indignation face au traitement infligé par Pyongyang à son fils Otto Warmbier, qui souffre de graves lésions neurologiques.

« Je suis tellement fier d’Otto, mon fils, qui s’est retrouvé chez un régime paria ces 18 derniers mois, maltraité et terrorisé, et qui est maintenant rentré, en famille », a déclaré Fred Warmbier, ému, lors d’une conférence de presse dans leur ville de Cincinnati.

Parlant d’un ton calme mais combattant parfois les sanglots, il a tenu à porter la veste que son fils avait il y a plus d’un an, lors de sa confession spectaculaire et médiatisée par Pyongyang.

Le jeune homme avait été arrêté en janvier 2016 alors qu’il se trouvait en Corée du Nord dans le cadre d’un voyage organisé pour le Nouvel An. Il avait été condamné à 15 ans de travaux forcés par la Cour suprême nord-coréenne après avoir avoué le vol d’une affiche ornée d’un slogan politique dans un hôtel de Pyongyang où il était hébergé.

Son procès avait duré moins d’une heure.

Présenté à la presse étrangère quelques semaines après son arrestation, Otto Warmbier avait déclaré, en pleurs, avoir fait « la pire erreur de (sa) vie ».

– Lésions neurologiques –

Peu après son procès en mars 2016, le jeune homme aurait contracté une forme de botulisme puis une dose de somnifère l’aurait plongé dans le coma, selon le Washington Post.

Arrivé mercredi aux Etats-Unis, l’étudiant de 22 ans « se trouve dans un état stable mais souffre de graves lésions neurologiques », a annoncé une porte-parole de l’hôpital UC Health University de Cincinnati où il est soigné, lors d’une conférence de presse conjointe avec Fred Warmbier. Ses médecins devaient donner de nouvelles informations dans l’après-midi.

Pyongyang a de son côté affirmé jeudi – à travers l’agence officielle nord-coréenne KCNA – que le jeune homme, « qui était aux travaux forcés », avait été libéré pour des raisons « humanitaires » mardi.

D’après CNN, le représentant spécial du département d’Etat pour la Corée du Nord, Joseph Yun, avait appris début juin que son état de santé s’était dégradé. Le New York Times a de son côté indiqué que les autorités américaines avaient reçu des renseignements selon lesquels M. Warmbier avait été plusieurs fois battu en détention.

« Il n’y a aucune excuse à la façon dont les Nord-Coréens ont traité notre fils et aucune excuse à la façon dont ils en ont traité tant d’autres. Je leur demande de relâcher les autres américains détenus », a dénoncé Fred Warmbier. « Otto a été détenu en tant que criminel de guerre », a-t-il martelé.

– « Pris en otage » –

« Il a été pris en otage à l’aéroport lorsqu’il tentait de quitter le pays », a encore accusé son père, qui a également défendu l’innocence de ce séjour en Corée du Nord, affirmant que Pyongyang « appâte les Américains à travers des voyages organisés pour qu’ils viennent en Corée du Nord ».

La mère de l’étudiant, Cindy Warmbier, n’a pas assisté à la conférence de presse car elle se trouvait « au côté d’Otto ce matin, comme elle l’a été depuis son retour dans l’Ohio », Etat du nord des Etats-Unis, a expliqué son père.

Indiquant que Donald Trump l’avait appelé personnellement mercredi soir, Fred Warmbier a tenu à saluer la médiation de son administration pour permettre le rapatriement, laissant entendre que les efforts de son prédécesseur, Barack Obama, n’avait pas été aussi soutenus.

Les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, qui tente de développer un missile capable de frapper le territoire américain, se sont encore tendues depuis l’entrée en fonction du président républicain.

Coïncidence remarquée: déjà connu pour ses relations controversées avec le régime nord-coréen, l’ex-basketteur américain Dennis Rodman est arrivé à Pyongyang le jour même de la libération de l’étudiant.

Mais les autorités américaines ont rejeté tout lien et Fred Warmbier a dénoncé une stratégie de « distraction », soulignant que la diplomatie américaine avait « négocié durement » avec Pyongyang.

« Quelle est la véritable raison derrière la libération d’Otto? », s’est-il interrogé. « J’ignore si nous le saurons un jour. Ils ne l’ont pas fait par gentillesse, la Corée du Nord ne fait rien par gentillesse ».

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