Brésil: nouveaux éléments dans l’enquête contre Temer

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Rio de Janeiro (AFP) – La police brésilienne a trouvé des indices montrant qu’un proche du président Michel Temer, accusé d’être son intermédiaire pour recevoir des pots-de-vins, aurait payé les travaux de rénovation de la maison de sa fille, a indiqué jeudi le journal Folha de Sao Paulo.

Selon le quotidien, les policiers ont identifié un courriel datant de 2014 dans lequel un architecte réclame le paiement de frais issus de ces travaux à l’épouse de l’ex-colonel João Baptista Lima Filho, soupçonné d’être l’homme de paille de M. Temer.

Désigné par les enquêteurs comme le « Colonel Lima », cet ami de trente ans du président aurait servi d’intermédiaire pour recevoir des pots-de-vins de la part du géant de la viande JBS.

Le patron de cette entreprise, Joesley Batista, a déclenché un véritable séisme politique en remettant à la mi-mai aux autorités un enregistrement sonore dans lequel le président Temer semble donner son aval pour acheter le silence d’un ex-député aujourd’hui en prison.

Mais les révélations de l’affaire JBS ne se limitent pas à cet enregistrement compromettant.

Un ancien cadre de l’entreprise a expliqué, dans un témoignage négocié en échange d’une remise de peine, avoir versé un million de réais (environ 270.000 euros) au colonel Lima.

Des dessous-de-table qui auraient été destinés à alimenter les caisses noires du parti de M. Temer, le PMDB (centre-droit), pour la campagne présidentielle de 2014.

Plus connus au Brésil sous le nom de « délations récompensées », ces témoignages doivent être appuyés par des preuves pour incriminer les accusés.

C’est pourquoi le courriel liant le colonel Lima au paiement de travaux dans la maison de la fille du président, Maristela Temer, peut constituer un élément déterminant.

Lors d’une perquisition effectuée dans l’appartement du colonel le lendemain de la révélation de l’enregistrement sonore de Joesley Batista, la police brésilienne aurait aussi retrouvé des documents déchirés liés à ce chantier, selon Folha de Sao Paulo.

Visé par une enquête pour corruption et entrave à la justice, le président Temer nie énergiquement les faits et est parvenu jusqu’à présent à rester au pouvoir malgré les appels à la démission fusant de toute part.

Vendredi, il a bénéficié d’un non-lieu du Tribunal Supérieur Électoral (TSE) qui lui a permis de sauver son poste de justesse, par quatre voix contre trois.

Cette cour menaçait d’invalider son mandat pour financement illégal lors de la campagne menée en 2014 aux côtés de Dilma Rousseff, destituée l’an dernier et remplacée par M. Temer, qui était son vice-président.

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