Côte d’Ivoire: le corps du « combattant » Cheick Tioté accueilli par ses « frères » et supporteurs

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Abidjan (AFP) – « Je viens chercher un frère, un collègue, un ami. Je ne sais pas comment exprimer ma tristesse », lâche Wilfried Bony, venu jeudi soir accueillir à Abidjan, en compagnie d’autres internationaux ivoiriens, le corps de son ancien coéquipier Cheick Tioté, mort d’un arrêt cardiaque à l’âge de 30 ans.

« Repose en paix, Cheicky », clament-ils via un message écrit sur leur maillot, dans la salle d’attente. Parmi la vingtaine d’autres internationaux, figurent Bonaventure et Salomon Kalou et Kader Keita.

Cheick Tioté a été victime d’un arrêt cardiaque le 5 juin lors d’une séance d’entraînement avec son club Beijing Enterprises (2e div. chinoise).

« Quand je suis arrivé en équipe nationale en 2010, il a été la première personne à me conseiller », se souvient l’attaquant Bony, passé par Manchester City et Stoke City.

« C’est important pour nous d’être là, explique Kader Keita, l’une des stars des Eléphants. C’était notre petit frère, avec qui on a tout partagé en équipe nationale. C’était devenu comme une famille. Si on est là aujourd’hui, c’est pour lui montrer qu’il avait une famille dans le football aussi. »

L’ancien sélectionneur français de la Côte d’Ivoire Hervé Renard, qui avait conduit les Éléphants, dont Tioté, à la victoire à la CAN-2015, a également fait le déplacement.

Il se souvient d’un « joueur qui donnait tout sur le terrain, très généreux. Un lieutenant parfait. Et en dehors, un homme très discret ».

– « Un Elephant ne meurt jamais » –

Devant le terminal, près d’un millier de personnes attendent. La tension monte et une petite bagarre éclate même entre deux supporters vêtus de la tunique orange des Eléphants pour une histoire de chaise.

Le cortège funèbre sort finalement de l’aérogare. Porté par des policiers, et au son des percussions qui battent en rythme, le cercueil de bois clair ne peut échapper à la cohue, avant d’être embarqué dans un fourgonnette.

« Tioté a brillamment défendu les couleurs de la Côte d’Ivoire. Je garde de lui l’image d’un combattant, d’un joueur de devoir », analyse Traoré Bawa, supporteur depuis 22 ans des Eléphants.

Membre de l’équipe nationale ivoirienne aux Mondiaux 2010 et 2014, et international à 52 reprises, Cheick Tioté avait notamment gagné la Coupe d’Afrique des nations en 2015 et atteint la finale en 2012. Milieu de terrain de devoir, il a porté pendant sept ans le maillot de Newcastle avant d’être transféré en février en Chine. Il avait commencé sa carrière européenne à Anderlecht (Belgique), puis à Twente (Pays-Bas) en 2008.

Dimanche matin, Cheik Tioté recevra les honneurs militaires avant un hommage de la Fédération ivoirienne et une cérémonie religieuse. Il sera ensuite inhumé au cimetière de Williamsville, le plus grand d’Abidjan.

Mais Ibrahim Coulibaly, chauffeur de gbaka (bus de transport privé) à Abidjan, ne pouvait attendre: « Depuis ce matin, j’ai arrêté de travailler pour monsieur Tioté Cheick Ismaël! ‘est un joueur qui m’a donné la paix du coeur avec la victoire de la CAN en 2015! ».

« Pour nous, il n’est pas encore mort, il vit toujours. Un Eléphant ne meurt jamais! »

Wilfried Bony et d’autres internationaux ivoiriens présents à Abidjan pour l’arrivée du corps de Cheikh Tioté, le 15 juin 2017

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