Télécoms: les frais d’itinérance en Europe, c’est fini

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Paris (AFP) – Les frais d’itinérance en Europe font désormais partie du passé: les consommateurs peuvent désormais utiliser leurs forfaits mobiles nationaux au sein de l’Union européenne sans surcoût, un « véritable succès » revendiqué jeudi par Bruxelles.

Européens Depuis ce jeudi, les citoyens qui voyagent au sein de l’UE peuvent appeler, envoyer des sms et se connecter sur leurs appareils mobiles au même prix que celui payé dans leur pays.

La donnée est un cas particulier, avec dans un premier temps un plafond d’utilisation possible pour les opérateurs, même si la majorité d’entre eux ont d’ores et déjà annoncé ne pas appliquer de limite.

« L’Union européenne est en train de rassembler les gens et de leur faciliter la vie. La fin des frais d’itinérance est un véritable succès européen », s’est réjoui Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, dans un communiqué.

opérateurs C’est « une nouvelle étape vers la création d’une société numérique européenne unie », souligne le texte auquel se sont associés le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne.

La suppression des frais d’itinérance intra-Europe pose désormais, selon Stéphane Dubreuil, spécialiste des télécoms, la question à terme du « prix des appels intraeuropéens » et, encore plus loin, « d’un prix unique mondial » d’itinérance.

Ce symbole fort marque la fin de dix ans de négociations entre les différents acteurs, l’aboutissement d’un combat de longue haleine initié en 2004 par la Luxembourgeoise Viviane Reding alors commissaire européenne aux Télécommunications.

Elle rappelait lundi dans les pages du quotidien français L’Opinion avoir gagné cette bataille grâce à « un hold-up politique » en 2007, organisant une conférence de presse pour annoncer qu’un accord des gouvernements européens avait été trouvé sur ce dossier épineux alors qu’il n’en était rien.

Comme « la presse en a fait immédiatement les gros titres », les ministres européens « n’ont plus voulu faire marche arrière », explique l’ex-commissaire qui a bénéficié du soutien des associations de protection des consommateurs alors que les grands opérateurs « ont dépensé des sommes colossales dans des bataillons de lobbyistes » pour bloquer le projet.

– Limiter les abus –

Depuis dix ans, les prix de l’itinérance en Europe pour les consommateurs ont connu des baisses régulières, au fil des évolutions réglementaires européennes.

Leur abolition automatique et totale jeudi ne devrait donc pas être un choc pour eux, bien que tous ne s’y soient pas préparés de la même manière.

Certains, à l’image de Bouygues Telecom en France ou Wind-Tre en Italie, ont choisi de devancer l’appel, quand d’autres, à l’image de l’opérateur historique italien TIM ou de SFR dans l’Hexagone, ont attendu le dernier moment.

Les frais d’itinérance (roaming en anglais) ont longtemps représenté une manne financière pour les opérateurs de télécommunications. Mais comme ils ne publient plus leurs recettes en la matière, il est difficile d’évaluer le futur manque à gagner.

La Commission européenne estime que la fin du « roaming » entraînera une perte de 1,2 milliard d’euros pour l’ensemble des opérateurs européens, qui pourrait être compensée par une hausse de la demande et de la consommation de données.

Des garde-fous ont été mis en place pour empêcher des abus et par souci d’équité.

Les opérateurs peuvent ainsi vérifier que le consommateur utilise bien son forfait davantage sur le territoire national qu’en dehors, sachant que le prix des forfaits peuvent être multipliés par huit d’un Etat à l’autre.

En cas d’utilisation excessive, l’opérateur pourra en effet demander des justifications à son abonné, au bout de quatre mois, avant de, le cas échéant, mettre fin à son abonnement.

Mais l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) prévient qu’elle « sera particulièrement vigilante au respect, par les opérateurs, de leurs nouvelles obligations ».

Des associations de consommateurs craignent que la fin de l’itinérance ne se fasse au prix d’une qualité de service moindre à l’étranger, dans un secteur très concurrentiel. Sur ce point, la Commission européenne s’est montrée rassurante.

Autre crainte évoquée, une hausse des tarifs dans certains pays, en particulier touristiques, afin de compenser la perte de revenus que représentait l’itinérance.

Un visiteur du salon Mobile World Congress de Barcelone, le 23 février 2016
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