Maroc: protestation contre le blocage de phosphates en Afrique du sud

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Rabat (AFP) – Le groupe public marocain OCP, géant mondial des phosphates, a dénoncé vendredi la décision de la justice sud-africaine de maintenir sous séquestre, en attendant un procès sur le fond, une cargaison de phosphates partie du Sahara occidental.

L’Office chérifien des phosphates (OCP) « conteste la décision de renvoyer le dossier sur le fond, et le fait qu’une juridiction locale s’approprie un dossier qui n’a rien à voir avec l’Afrique du Sud », a déclaré à l’AFP le directeur juridique de l’OCP, Otmane Bennani Smires.

L’Afrique du Sud avait arraisonné le 1er mai un cargo chargé de phosphates parti de Laâyoune, au Sahara occidental sous contrôle marocain, alors qu’il faisait escale à Port-Elizabeth en direction de la Nouvelle-Zélande.

Les Sahraouis du Front Polisario qui réclament l’indépendance de ce territoire avaient porté plainte devant un juge sud-africain au motif que ce transport était illégal.

Jeudi, la justice sud-africaine a ordonné le maintien sous séquestre de cette cargaison jusqu’au procès sur le fond à une date qui n’a pas été fixée.

« La décision d’hier s’arroge une compétence juridictionnelle en contradiction (…) avec les principes fondamentaux du droit international », a soutenu le responsable de l’OCP.

Il a dénoncé « les tentatives du Front Polisario d’instrumentaliser des juridictions locales à des fins politiques et médiatiques ».

Le groupe public marocain a toutefois affirmé que la saisie conservatoire de cette cargaison de phosphates n’aura « aucun impact » sur ses activités.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est en grande partie sous contrôle du Maroc depuis 1975.

Le Polisario réclame un référendum d’autodétermination alors que Rabat propose une autonomie sous souveraineté marocaine.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté fin avril une résolution de soutien à une reprise de négociations, enlisées depuis de longues années.

Fin 2016, la justice européenne avait estimé que l’accord de libre-échange sur les produits agricoles et la pêche entre l’Union européenne (UE) et le Maroc ne concernait pas le Sahara occidental, ouvrant la voie à de nombreux recours.

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