Mexique: « Marichuy », la femme indigène qui veut secouer la politique

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Mexico (AFP) – Maria de Jesus Patricio ne ressemble à aucun président de l’histoire du Mexique: c’est une femme, d’origine indigène et issue d’un milieu pauvre.

Mais grâce à une nouvelle loi autorisant les candidatures indépendantes pour l’élection présidentielle de 2018, elle se prépare à entrer en campagne.

Cette mère de famille de 53 ans, issue de l’ethnie nahuatl, et pratiquant la médecine traditionnelle, a été désignée fin mai par le Congrès national indigène et les zapatistes, une ancienne guerilla armée du Chiapas devenu depuis un mouvement politique de gauche. Elle portera la voix de ces communautés souvent laissées pour compte.

Si elle parvient à regrouper le million de signatures requis pour se présenter, elle deviendra la première femme indigène à entrer dans la course à la présidence du Mexique, un pays machiste où les communautés indigènes font l’objet de discrimination.

Pour « Marichuy », comme la surnomme ses partisans, l’objectif n’est pas de remporter les élections mais de secouer l’establishment politique mexicain.

QUESTION: Pourquoi vous lancez-vous dans la campagne présidentielle?

REPONSE: « Depuis des années, les communautés n’ont pas été écoutées, ni même vues. Personne ne résout leurs problèmes. Au contraire, les choses empirent », dit-elle, évoquant la pauvreté, la destruction de leurs territoires, le manque d’accès à la santé et à l’éducation.

Les populations indigènes « meurent, mais cela semble normal, personne dans les hautes sphères n’en parle (…). Ils nous font disparaître tranquillement ».

« Ils détruisent la nature, or c’est ce qui donne la vie (…) Il nous faut arrêter le système actuel capitaliste (…) et que les gens prennent véritablement en main les rennes dans ce pays ».

Q: Qu’est-ce vous espérez obtenir avec cette campagne?

R: « Nous ne visons pas le pouvoir. Il s’agit davantage d’atteindre toutes ces personnes en bas de l’échelle, en nous déplaçant dans le pays et en écoutant ce que vivent les gens ».

« Nous allons utiliser les même outils (de campagne) qu’utilisent les gens au pouvoir, car depuis des années ils nous manipulent de cette façon et imposent leur autorité ».

« Notre idée est qu’ils perdent la fête (des élections), car pour eux il s’agit d’une fête mais pas pour le peuple, n’est-ce pas? ».

Q: Le Mexique a eu un président indigène en la personne de Benito Juarez (1858-1872). Que représente pour une femme comme vous cette course électorale?

R: « Comme moi, il y a beaucoup de femmes qui luttent, seulement on ne les voit pas ».

« Ils considèrent les femmes comme si elles n’avaient pas droit à l’éducation, d’avoir un poste, un poste de haut niveau. La discrimination et le racisme sont profonds. Alors maintenant, avec ce projet, vous allez voir l’importance que peut prendre une femme qui donne une voix à tous ».

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