Tunisie: accord pour mettre fin à un sit-in bloquant la production de pétrole

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Tunis (AFP) – Les autorités tunisiennes sont parvenues vendredi à un accord avec les manifestants d’El-Kamour, dans le sud du pays, où un sit-in a dégénéré en heurts le mois dernier et bloqué la production de pétrole.

Avec la médiation de la puissante centrale syndicale UGTT, l’accord a été signé à Tataouine (500 km au sud de Tunis) en présence du ministre de l’Emploi, Imed Hammami, et de représentants des manifestants, selon des images en direct de Radio Tataouine sur Facebook.

« Cet accord satisfait tout le monde », a déclaré M. Hammami.

« Les demandes des jeunes de Tataouine vont être remplies » en termes d’emplois dans les sociétés pétrolières et de la création d’un fonds d’investissement notamment, et la station de pompage de pétrole d’El-Kamour va reprendre « immédiatement » ses activités, a-t-il ajouté.

La production de pétrole était quasiment à l’arrêt à Tataouine en raison des mouvements sociaux, selon les autorités.

Le ministère de l’Energie a indiqué vendredi que la reprise « à son niveau normal » de la production de carburant à Tataouine serait « progressive au cours des prochaines semaines ».

Des vérifications doivent en effet être effectuées « au niveau des différents pipelines et champs pétroliers, au vu des dégâts techniques qui les ont touchés après un arrêt de plus d’un mois », a ajouté le ministère dans un communiqué.

Depuis la mi-mars, des habitants de Tataouine réclament une meilleure répartition des richesses et des recrutements prioritaires dans les sociétés pétrolières.

Fin mai, le sit-in d’El-Kamour, site pétrolier situé à deux heures de route de Tataouine en plein désert, a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Un manifestant a été tué par un véhicule de la gendarmerie, « accidentellement » selon les autorités, ce qui a provoqué une flambée de violences et des marches de solidarité.

Vendredi matin, sous les applaudissements, c’est le père du manifestant tué qui a signé l’accord au nom des protestataires, « un geste noble de leur part », a estimé le ministre de l’Emploi.

M. Hammami a aussi salué le secrétaire général de l’UGTT Noureddine Taboubi, qui se trouvait à ses côtés, en le qualifiant de « meilleur médiateur possible ».

Aux termes de l’accord, la route d’El-Kamour, bloquée par le sit-in, doit rouvrir et les manifestations à travers le gouvernorat de Tataouine doivent cesser.

Toutefois, à El-Kamour même, « les tentes resteront sur place jusqu’à ce qu’on commence à appliquer les mesures » promises, a dit Tarek Haddad, porte-parole de la contestation.

Les mouvements sociaux sont fréquents en Tunisie depuis la chute de la dictature en 2011. Les évènements d’El-Kamour sont les plus sérieux depuis janvier 2016, date à laquelle le pays a connu sa plus importante contestation sociale depuis la révolution après la mort d’un jeune lors d’une manifestation pour l’emploi à Kasserine, une autre région défavorisée.

Le 10 mai, le président Béji Caïd Essebsi a demandé aux militaires de protéger les sites de production des mouvements sociaux susceptibles d’empêcher leur exploitation. La Tunisie peine à relancer son économie, durement affectée par l’instabilité qui a suivi la révolution.

Manifestants d’El-Kamour, dans le sud de la Tunisie, le 24 mai 2017

Manifestants à l’extérieur du site pétrolier d’El-Kamour, dans le sud de la Tunisie, le 22 mai 2017

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