Espagne: rapprochement entre socialistes et Podemos pour un front anti-Rajoy

Annonces
Annonces
Madrid (AFP) – Les deux principaux dirigeants de gauche en Espagne, Pedro Sanchez et Pablo Iglesias, ont affiché mardi leur rapprochement après plus d’un an de froid, pour bâtir une alternative au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy.

Lors d’une réunion très médiatisée à Madrid, le chef du Parti socialiste (PSOE) Pedro Sánchez, et Pablo Iglesias, dirigeant de Podemos, ont abordé des sujets qui préoccupent les Espagnols comme l’avenir de 500.000 jeunes sans emploi ou la défense du système de retraites.

Sur ces dossiers et d’autres, leurs formations créeront des groupes de travail conjoints au Parlement, a annoncé Pablo Iglesias.

De cette façon, le PSOE – premier parti d’opposition du pays – et Podemos – le deuxième – entendent former un bloc de gauche au Parlement, afin de chasser du pouvoir le Parti Populaire (PP) de M. Rajoy, miné par les scandales de corruption.

« Ma priorité, c’est que Mariano Rajoy ne soit plus président du gouvernement », a réaffirmé Pedro Sanchez, sur la chaîne de télévision Sexta.

Le dirigeant socialiste a cependant exclu à court terme de promouvoir une motion de censure contre le gouvernement après celle présentée sans succès par Podemos le 14 juin.

Ils sont encore loin du compte alors que leurs formations n’ont que 156 députés sur 350 au total au parlement et devraient s’allier à d’autres partis pour y arriver.

La rencontre est survenue alors que Sanchez vient d’être ré-élu à la tête du Parti socialiste en proposant un virage à gauche.

En octobre 2016, Sanchez avait été chassé de la direction du PSOE par une partie des cadres qui lui reprochaient sa ligne dure contre Rajoy et de cuisantes défaites électorales.

Celle-ci avait ensuite donné la consigne aux députés de s’abstenir et de permettre une nouvelle investiture de Rajoy pour en finir avec le blocage politique de l’Espagne, sans gouvernement depuis dix mois.

La nouvelle direction opère désormais le virage à gauche promis.

Pedro Sanchez a décidé de ne plus soutenir le CETA, le traité de libre-échange entre l’UE et le Canada, qui sera voté jeudi au Parlement espagnol et auquel Podemos s’oppose aussi frontalement.

Il défend désormais une conception de l’Espagne « plurinationale », pour tenter d’apaiser la fièvre indépendantisme en Catalogne (nord-est). Podemos est pour un « un pays de Nations ».

En revanche, le PSOE s’oppose à la tenue d’un référendum en Catalogne sur l’indépendance de la région, souhaité par Podemos s’il est organisé avec l’accord de Madrid.

Le rapprochement met fin à plus d’un an de froid, quand Podemos avait voté, en mai 2016, contre l’investiture comme chef du gouvernement de Pedro Sanchez, alors allié aux centristes.

Les plus populaires

Annonces