Astéroïdes: une journée internationale pour tirer la sonnette d’alarme

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Paris (AFP) – Les astéroïdes ont désormais droit à une Journée Internationale de l’ONU: vendredi, les Terriens sont appelés à prendre conscience des dangers que représentent ces petits corps du système solaire et à soutenir les initiatives pour tenter de se protéger de la menace.

« Un jour, nous pourrions être heurtés par un astéroïde et il faut absolument que nous soyons mieux préparés que ce n’est le cas actuellement », explique à l’AFP le cinéaste allemand Grigorij Richters, l’un des fondateurs de l’Asteroid Day.

Plus de 700 événements se dérouleront à cette occasion dans 190 pays, assurent les organisateurs qui diffuseront pendant 24 heures d’affilée un programme en live sur internet, orchestré depuis le Luxembourg. Astrophysiciens, astronomes, agences spatiales feront le point sur la diversité des astéroïdes et les risques qu’ils font courir aux habitants de la planète.

Depuis sa naissance, il y a 4,5 milliards d’années, la planète a subi de nombreuses collisions avec des astéroïdes. « Ces objets ont contribué à l’apparition de la vie sur Terre, en apportant de l’eau, des matériaux organiques », relève Antonella Barucci, astronome de l’Observatoire de Paris.

Mais ils ont aussi occasionné des destructions. C’est un astéroïde tombé sur le Mexique qui serait responsable de la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années.

L’Asteroid Day, fondé en décembre 2014 par Brian May, guitariste du groupe Queen, l’astronaute américain Rusty Schweickart et la fondation californienne B612, a gagné en visibilité lorsque l’ONU a décidé d’en faire une de ses journées internationales fin 2016.

La date du 30 juin n’a pas été choisie au hasard. Elle commémore l’explosion, le 30 juin 1908, d’un astéroïde au dessus de Toungouska, en Sibérie. D’une taille estimée à plus de 40 mètres, il a détruit la forêt sur 2.000 km2, avec une puissance estimée à près de 30 fois la bombe d’Hiroshima. La fréquence de ce type d’événement est de l’ordre de 300 ans.

– ‘Une véritable catastrophe’-

« Imaginez que ce type d’astéroïde tombe sur une zone très peuplée comme le Benelux, Paris ou l’Allemagne et ce serait une véritable catastrophe », déclare à l’AFP Nicolas Bobrinsky, chargé du programme SSA de surveillance des menaces venant de l’espace au sein de l’Agence spatiale européenne (ESA).

Beaucoup plus récemment, en février 2013, un petit astéroïde non répertorié de 20 mètres de diamètre s’est fragmenté près de la ville de Tcheliabinsk dans le centre de la Russie. « En apercevant ce bolide lumineux dans le ciel, les gens ont eu le mauvais réflexe. Ils se sont précipités aux fenêtres mais l’onde de choc a fait éclater les vitres. Bilan: plus de 1.300 blessés et de gros dégâts matériels », explique Daniel Hestroffer, de l’Observatoire de Paris.

Ces dernières années, la communauté scientifique a accru ses efforts pour recenser la population d’astéroïdes « géocroiseurs » qui naviguent à proximité de notre planète et croisent son orbite.

95% des objets de plus d’un kilomètre de diamètre sont connus. « Aucun ne se trouve sur une trajectoire de collision avec la Terre, au moins pour le prochain siècle », note Patrick Michel, astrophysicien à l’Observatoire de la Côte d’Azur.

La chute de ce type d’astéroïdes pourrait entraîner des milliers de morts et avoir un effet global sur la planète.

Les scientifiques ont identifié plus de 1.700 astéroïdes « potentiellement dangereux » d’une taille supérieure à 140 mètres, qui présentent une distance minimale d’intersection avec l’orbite terrestre de 7,5 millions de kilomètres. S’ils entraient en collision avec la Terre, ils pourraient détruire une région du globe.

« Tôt ou tard, nous aurons (…) un impact mineur ou majeur », estime Rolf Densing, responsable du Centre européen des opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt.

Selon lui, le risque d’être touché par un astéroïde est faible à l’échelle d’une vie humaine. Mais « le risque que la Terre soit touchée un jour par un événement dévastateur est très élevé ».

« Nous n’avons pas de mesures actives de défense planétaire mais nous devons y parvenir », souligne-t-il.

Un morceau de la météorite « Tcheliabinsk qui a touchée l’Oural, le 17 juin 2015 à Washington

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