Trump: le temps de la patience face à Pyongyang est révolu

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Washington (AFP) – Le président des États-Unis Donald Trump a lancé vendredi une mise en garde au régime « dangereux et brutal » de Corée du Nord, affirmant que le temps de la patience était révolu, mais restant évasif sur sa stratégie.

Recevant pour la première fois dans le Bureau ovale le nouveau président sud-coréen Moon Jae-In, qui plaide pour une forme d’ouverture face à son voisin du nord, M. Trump n’a exclu aucune hypothèse, soulignant qu’il disposait de « nombreuses options » pour répondre aux programmes nucléaire et balistique de ce pays.

Son hôte, qui a souligné « la détermination et le pragmatisme » du nouveau locataire de la Maison Blanche, a annoncé l’avoir invité à Séoul d’ici la fin de l’année, insistant sur la solidité des liens entre les deux pays alliés.

Quelque 28.000 soldats américains sont déployés en Corée du Sud face à une Corée du Nord qui multiplie les essais de missiles –cinq depuis l’entrée en fonction de M. Moon– dans sa quête pour mettre au point un engin balistique intercontinental susceptible de porter le feu nucléaire sur le continent américain.

« Notre objectif est la paix, la sécurité et la stabilité pour la région. Mais les États-Unis se défendront toujours et nous défendrons toujours nos alliés », a lancé le président américain. « La patience stratégique avec le régime nord-coréen a échoué. Honnêtement, la patience est terminée », a-t-il ajouté lors d’une déclaration depuis les jardins de la Maison Blanche.

« Ensemble, nous faisons face à la menace du régime dangereux et brutal de Corée du Nord (…) La dictature nord-coréenne n’attache aucun importance à la sécurité de son peuple et de ses voisins et n’a aucun respect pour la vie humaine ».

M. Trump a assuré que les États-Unis travaillaient étroitement avec la Corée du Sud, le Japon et d’autres partenaires à travers le monde sur « un ensemble de mesure diplomatiques, économique et de sécurité ».

– « Appliquer les sanctions » –

Sans citer explicitement la Chine, il a appelé « les autres puissances régionales et toutes les nations responsables » à se joindre aux efforts américains pour appliquer les sanctions visant le régime.

L’administration Trump a annoncé jeudi, pour la première fois, des sanctions contre une banque chinoise (Bank of Dandong), accusée d’avoir facilité des transactions au profit de compagnies impliquées dans le développement de missiles balistiques.

Si la Maison Blanche a martelé que ces sanctions ne visaient « en aucune façon » la Chine, principal soutien économique de Pyongyang, la démarche marque un tournant pour le président américain qui a, pendant plusieurs mois, salué la bonne volonté du président Xi Jinping pour tenter de faire renoncer la Corée du Nord à ses programmes nucléaire et balistique.

L’annonce concrétise un changement de pied qu’il avait laissé entrevoir il y a dix jours dans un tweet dans lequel il déplorait que les efforts chinois n’aient « pas fonctionné ».

Accusée d’avoir facilité des transactions au profit de compagnies impliquées dans le développement de missiles balistiques, la Bank of Dandong a été mise à l’index et sera désormais privée d’accès au système financier américain.

L’administration américaine a par ailleurs mis sur sa liste noire deux ressortissants chinois, accusés de faciliter le développement d’armes de destruction massive. Selon le Trésor, ces initiatives « ont été prises en réponse au contournement continu des sanctions internationales par la Corée du Nord, ainsi qu’au développement d’armes de destruction massive ».

Donald Trump, élu sur la promesse de place « L’Amérique d’abord », a également insisté sur la nécessaire évolution des échanges commerciaux entre les deux pays alliés.

« Nous sommes en train de renégocier un accord commercial qui sera, je l’espère, équitable pour les deux parties », a-t-il déclaré, martelant qu’il entendait mettre fin à une situation dans laquelle les États-Unis avaient un déficit commercial avec « beaucoup beaucoup de pays ».

Le président américain Donald Trump (G) accueille le président sud-coréen Moon Jae-In à la Maison Blanche, à Washington, le 30 juin 2017

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