Olmert, la descente aux enfers d’un ancien Premier ministre d’Israël

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Jerusalem (Israël) (AFP) – Longtemps considéré comme un des politiciens israéliens les plus habiles, l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, libéré dimanche après un an et quatre mois de prison, a connu une descente aux enfers provoquée par une série d’affaires de corruption.

Agé de 71 ans, M. Olmert a connu le triste privilège d’être le premier ancien chef de gouvernement à se retrouver derrière les barreaux. Il s’est longtemps défendu en se présentant comme la victime d’un complot politique, avant de reconnaître avoir commis des « erreurs ».

Les scandales financiers ont fini par rattraper cet ancien avocat d’affaires régulièrement soupçonné de combines et de manipulations. Au pouvoir, il a cultivé une image de jovialité. On le sait bon vivant, grand amateur de cigares, de bonne chère et de voyages en avion. Mais cet hédonisme lui a finalement coûté cher.

Il a été condamné en 2015 à 18 mois de prison ferme pour des pots de vin touchés dans le cadre du pharaonique projet immobilier Holyland à Jérusalem, lorsqu’il était maire de 1993 à 2003. A cette peine se sont ajoutés huit mois ferme pour avoir perçu et dissimulé des dizaines de milliers de dollars de l’homme d’affaires américain Morris Talansky alors qu’il était ministre du Commerce et de l’Industrie.

Il a aussi écopé d’un mois ferme pour entrave à la justice pour avoir tenté de convaincre son ancienne secrétaire et femme de confiance, Shula Zacken, de ne pas témoigner contre lui. Cette dernière avait enregistré en catimini M. Olmert qui lui proposait de l’argent contre son silence.

Avant ces péripéties judiciaires, tout semblait réussir à Ehud Olmert. Il a longtemps été une figure de proue de la droite nationaliste, au sein de Likoud, avant d’évoluer, au fil des années, vers des positions plus modérées.

Lui qui avait rêvé du Grand Israël et soutenait les colons les plus extrémistes de Cisjordanie et de Gaza, et qui s’était opposé aux accords de paix de Camp David (1978) et d’Oslo (1993), a fini par accepter la création d’un Etat palestinien.

« Le moment le plus douloureux de ma vie a été le jour où j’ai découvert que les chiffres étaient plus forts que l’histoire et la géographie d’Israël. J’ai découvert que si nous nous entêtions à tout garder, en 2020, il y aurait 60% d’Arabes et 40% de juifs », a-t-il admis.

– ‘Nous aurions pu réussir’ –

Né à Haïfa en 1945 dans la Palestine encore sous mandat britannique, il entre au gouvernement en 1988. Cinq ans plus tard, il devient maire de Jérusalem.

En mars 2006, il accède au pouvoir à la place d’Ariel Sharon, victime d’une attaque cérébrale.

Ehud Olmert conduit le parti Kadima à la victoire aux élections de mars 2006, avec un programme prévoyant de démanteler des dizaines de colonies et de retirer l’armée israélienne de la majeure partie de la Cisjordanie.

Mais le plan est remisé après la guerre menée contre le Hezbollah au Liban. Il continue aujourd’hui à porter aux yeux des Israéliens la responsabilité des ratés de cette guerre.

Jusqu’à la guerre de Gaza, qu’il a déclenchée fin 2008 pour faire cesser les tirs de roquettes palestiniens, il mène des négociations intensives, mais infructueuses, avec l’Autorité palestinienne.

« J’aurais aimé finir ce que j’ai commencé. Je continue de croire que nous aurions pu réussir si j’étais resté Premier ministre », a-t-il expliqué.

En juillet 2008, de plus en plus fragilisé par la suspicion, il renonce à se présenter aux primaires de Kadima et donc, de facto, aux fonctions de Premier ministre. C’est le début de la fin. La plupart des commentateurs estiment qu’un retour à la politique d’Ehud Olmert paraît désormais exclu.

L’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert, le 29 décembre 2015 à Jérusalem

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