Coupe des Confédérations: la vidéo, on en parle?

Annonces
Annonces
Saint-Pétersbourg (AFP) – Testée pendant la Coupe des Confédérations, l’assistance à l’arbitrage vidéo (VAR) a suscité quelques moments de flottements et d’inévitables débats jusqu’en finale, sans pour autant tempérer l’enthousiasme de la Fifa, qui y voit un « grand succès ».

Lors de la finale Chili-Allemagne, remportée dimanche par la « Mannschaft » 1-0, la VAR a encore provoqué des grincements de dents, des deux côtés. Sur le coup de coude du Chilien Jara sur Werner, l’arbitre serbe Milorad Mazic est allé revisionner les images en bord de touche et a finalement adressé un carton jaune plutôt clément au Sud-Américain, au grand dam des Allemands.

Dix minutes plus tard, ce sont les Chiliens qui se sont emportés, furieux que Mazic n’actionne pas la VAR sur une action litigieuse dans la surface. Après plusieurs secondes de confusion, l’arbitre a finalement fait appel à la vidéo, puis a décidé de ne pas siffler faute.

Bref, pas d’erreurs manifestes pendant ce match, mais à nouveau des contestations et des questions, notamment sur le temps nécessaire pour prendre une décision. Sur l’ensemble du tournoi, « il y a encore des cafouillages », juge ainsi l’ancien arbitre international Bruno Derrien, interrogé par l’AFP.

« Est-ce qu’il n’y a pas un problème de compréhension entre l’assistant vidéo et l’arbitre central? « , s’interroge-t-il. « Je ne suis pas conquis pour l’instant. Ca peut éviter des erreurs, mais ça peut aussi être source de conflits ».

« Cela déplace le problème. Arbitrer, c’est interpréter. Les images sont interprétables. Moi j’étais pro-vidéo. Mais on voit à l’usage que c’est plus compliqué », conclut celui qui est désormais consultant pour RTL.

Des crispations, il y en a eu aussi pendant le match pour la troisième place, Portugal-Mexique (2-1). La VAR n’a pas été consultée sur une action litigieuse dans la surface portugaise, ce qui a fait enrager les Mexicains. Leur sélectionneur, Juan Carlos Osorio, s’en est pris vertement au quatrième arbitre et a fini par se faire expulser.

– ‘C’était trop long’ –

La vidéo, c’est un sujet « très polémique », a reconnu le gardien mexicain Guillermo Ochoa après la rencontre, tout en réclamant des « améliorations » pour que le système soit « le plus juste possible. »

Du côté de la Fifa, qui souhaite généraliser la vidéo pour le Mondial-2018, on tire un bilan très positif de l’expérimentation en cours, et sur laquelle l’Ifab, l’organisme garant du jeu, devra trancher en mars prochain.

« De grandes erreurs ont été évitées », a ainsi insisté le président Gianni Infantino à la veille de la finale. « Sans la VAR, on aurait eu un tournoi différent, un peu moins juste sur le terrain ».

« Ce que nous cherchons c’est corriger les erreurs manifestes », avait précisé quelques jours plus tôt Massimo Busacca, le patron de l’arbitrage à la Fifa.

« Globalement, nous avons des résultats très positifs. Nous sommes convaincus que cela va corriger beaucoup de fautes. Mais bien sûr, de nombreux aspects doivent être améliorés », expliquait l’ancien arbitre.

Parmi les scènes les plus rocambolesques, les trois minutes de flottement avant d’attribuer le carton rouge à la bonne personne lors du match Allemagne-Cameroun (3-1), après un premier jaune, puis rouge, adressé au mauvais joueur camerounais.

« C’était trop long », avait d’ailleurs convenu Busacca. « Mais à la fin, le bon joueur a été exclu. Imaginez sans VAR, si l’arbitre donne au mauvais joueur le carton. Aujourd’hui nous parlons de 2 ou 3 minutes, ce qui n’est pas acceptable. Bien sûr nous devons améliorer les choses, mais à la fin l’honnêteté était là. »

Les plus populaires

Annonces