Modi attendu en Israël, première visite d’un chef de gouvernement indien

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Jérusalem (AFP) – La première visite en Israël d’un chef de gouvernement indien que va entamer mardi Narendra Modi traduit les liens étroits tissés entre les deux pays qui ont abouti à la conclusion de milliards de dollars de contrats militaires.

Israël, qui recherche constamment des alliés au sein des institutions de l’ONU, ainsi que de nouveaux partenaires commerciaux, qualifie cette visite d’historique.

Les analystes soulignent également que Narendra Modi ne va apparemment pas se rendre à Ramallah en Cisjordanie occupée pour rencontrer les dirigeants de l’Autorité palestinienne durant son séjour de trois jours, comme le font en général les visiteurs officiels étrangers.

Le Premier ministre indien s’est toutefois entretenu avec le président palestinien Mahmoud Abbas à New Delhi en mai.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié cette visite, organisée à l’occasion du 25ème anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays, « d’une nouvelle manifestation de la force militaire, économique et diplomatique de l’Etat hébreu ».

« C’est un pas en avant significatif dans le renforcement des relations ente les deux pays », a ajouté le dirigeant israélien.

« L’Inde est un pays énorme avec plus de 1,25 milliard d’habitants tout en étant une des économies les plus importantes » dans le monde, a-t-il souligné.

L’Inde est devenu le principal importateur d’armement du monde et Israël est un de ses principaux fournisseurs.

Selon les médias israéliens, les ventes d’armes israéliennes à l’Inde s’élèvent à plus d’un milliard de dollars par an. L’Inde est engagé dans un programme d’investissement doté de milliards de dollars de crédits pour moderniser ses équipements miliaires datant de la période soviétique en vue de contrer le Pakistan et la Chine ses principaux rivaux régionaux.

Depuis l’arrivé au pouvoir du Bharatiya Janata Party (BJP), la formation nationaliste hindoue de M. Modi en 2014, plusieurs gros contrats ont été conclus.

En avril, Israel Aerospace Industries a annoncé que l’Inde allait acquérir pour près de 2 milliards de dollars d’armement, le contrat le plus important signé par ce groupe public israélien.

Ce marché porte sur la fourniture d’un système de défense incluant des missiles sol-air de moyenne portée, des lanceurs, et des systèmes de communication.

Les contrats miliaires israéliens comprennent en général des composants assemblés en Inde.

« Plus que de la défense »

Mais ces relations vont « au-delà des contrats de défense », estime Efraim Inbar, ancien dirigeant du centre Begin-Sadate, un groupe de réflexion israélien.

« Il y a un agenda stratégique commun qui inclut la crainte du radicalisme islamiste, la peur d’une Chine sûre d’elle même, de plus il est évident que l’on ne peut pas ignorer le potentiel économique énorme pour les deux pays », affirme-t-il à l’AFP.

L’occupation depuis un demi-siècle de territoires palestiniens et l’échec des tentatives pour parvenir à un accord de paix a constitué pour Israël un obstacle dans ses efforts pour renforcer ses relations avec certains pays.

L’Inde a traditionnellement exprimé son soutien à la création d’un Etat palestinien et refusé longtemps d’établir des relations diplomatiques avec Israël.

Mais un dégel est survenu ces dernières années en raison du désir de l’Inde d’établir des relations plus étroites en matière de la défense avec Israël au détriment de la Russie, son allié et fournisseur traditionnel. M. Modi effectue sa visite en Israël après une rencontre la semaine dernière à Washington avec le président Donald Trump au cours de laquelle les deux dirigeants ont affiché leur amitié tout en s’engageant à oeuvrer en commun contre le terrorisme, dans la guerre en Afghanistan et la coopération militaire.

L’Inde est actuellement l’économie qui connaît la croissance la plus élevée dans le monde, une performance, qui espère M. Modi, devrait attirer de plus en plus d’investissements étrangers.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 3 juillet 2017 à Jérusalem

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