Pourparlers sur Chypre: La Grèce demande le départ des « troupes occupantes »

Annonces
Annonces
Genève (AFP) – Le ministre des Affaires étrangères grec Nikos Kotzias a demandé lundi le départ des « troupes occupantes » de Chypre, déplorant que les pourparlers visant à réunifier l’île divisée depuis plus de 40 ans ne soient pas entrés dans le vif du sujet.

Ce round de discussions, sous l’égide de l’ONU, a démarré le 28 juin dans un grand hôtel de la station alpine de Crans-Montana, en présence du président chypriote Nicos Anastasiades et du dirigeant chypriote turc Mustafa Akinci et des représentants des « garants » de la sécurité de l’île – Grèce, Turquie et Grande-Bretagne (ex-puissance coloniale), qui conservent le droit d’intervenir militairement.

Nicosie, soutenue par Athènes, fait pression pour l’abolition de ce droit d’intervention unilatéral et réclame un calendrier clair pour le retrait progressif des troupes turques.

« La partie grecque reste sur sa position qu’il ne peut pas y avoir de droit d’intervention, et que les troupes d’occupation doivent partir (…) avec un traité prévoyant la procédure de retrait », a déclaré M. Kotzias, à Crans-Montana.

Le vice-premier ministre turc, Numan Kurtulmus, s’exprimant devant les médias à Ankara, a assuré de son côté que « concernant la question de la sécurité et des garanties (…) la Turquie ne va pas reculer ».

M. Kotzias a par ailleurs réclamé une « discussion de fond » concernant la question de la sécurité, sujet qui cristallise les tensions entre les délégations chypriotes rivales. « Nous en sommes au sixième jour et le débat n’a pas été ouvert », a-t-il affirmé.

« Nous étions convenus vendredi de discuter deux questions posées par M. Eide (médiateur de l’ONU) sur le système de sécurité. Nous avions dit que nous verrions le mécanisme d’application et les questions relatives aux troupes, en particulier aux troupes d’occupation. Mais la discussion n’a pas commencé comme cela, elle a commencé avec des questions de procédure », a-t-il ajouté.

Les précédentes négociations organisées en janvier en Suisse s’étaient globalement soldées par un échec, les parties ne s’entendant pas sur la sécurité du futur Etat.

Chypre, qui compte un million d’habitants, est divisée depuis que l’armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l’île en réaction à un coup d’Etat qui visait à rattacher le pays à la Grèce.

Depuis, la République de Chypre, admise au sein de l’Union européenne en 2004, n’exerce son autorité que sur la partie sud où vivent les Chypriotes grecs. Les Chypriotes turcs habitent en République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue uniquement par Ankara, où la Turquie stationne quelque 35.000 soldats. C’est cette présence militaire qui représente la principale pierre d’achoppement d’un accord.

Les plus populaires

Annonces