Essai de missile: Pyongyang mobilise la présentatrice des grands jours

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Séoul (AFP) – La télévision nord-coréenne a mis les petits plats dans les grands pour annoncer mardi un essai de missile intercontinental, mobilisant une présentatrice chevronnée qui n’apparaît plus que lors des grandes occasions.

C’est déjà Ri Chun-Hee qui avait en 1994 annoncé aux Nord-Coréens le décès du fondateur du régime, Kim Il-Sung, puis celui en 2011 de son fils et successeur Kim Jong-Il.

Mais cette speakerine expérimentée est aussi femme de bonnes nouvelles puisque ce fut elle qui annonça plusieurs essais nucléaires, dont le dernier en date en septembre.

Aujourd’hui, les apparitions de cette septuagénaire se font particulièrement rares, mais la Télévision centrale coréenne (KCTV) l’a rappelée dans les studios pour l’annonce de mardi.

La présentatrice vedette, qui a fait ses débuts dans les années 1970, est apparue à 15H00 (06H30 GMT).

En arrière plan, figurait une image du Mont Paektu, situé dans les confins septentrionaux du pays et considéré comme sacré par les Nord-Coréens car le fondateur du pays, Kim Il-Sung, grand-père de Kim Jong-Un, y établit un camp de guérilla anti-japonaise du temps de la colonisation de la Corée par le Japon.

« Les scientifiques nord-coréens ont mené avec succès l’essai de tir du nouveau missile balistique intercontinental », a déclaré dans un grand sourire la présentatrice exaltée vêtue d’une robe traditionnelle rose et noire.

La République populaire et démocratique de Corée (RPDC), nom officiel de la Corée du Nord, est « une puissance nucléaire forte qui, avec ses armes atomiques est dotée de très puissant ICBM qui peuvent frapper tout endroit au monde », a-t-elle affirmé.

Elle « protègera fièrement la paix et la sécurité de la péninsule coréenne et de la région », a-t-elle annoncé, en précisant que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait personnellement supervisé le tir.

La télévision d’Etat a également diffusé des plans de l’ordre daté de lundi et écrit de la main de Kim Jong-Un donnant instruction de conduire ce test.

« Le Centre du parti approuve l’essai de l’ICBM », peut-on lire sur ce document. « L’essai est fixé au 4 juillet à 09H00 ».

La télévision a aussi diffusé des photos d’un missile s’élevant du sol avec des collines verdoyantes en arrière plan. D’autres clichés montrent Kim Jong-Un en costume Mao observant le tir.

Quelques heures après cet essai détecté par les forces américaines, sud-coréennes et japonaises, la télévision publique nord-coréenne avait claironné l’imminence d’une « annonce importante ».

Seules deux « annonces importantes » avaient été faites l’an passé. La première en janvier 2016 était celle de l’essai d’une bombe à hydrogène. La seconde en février était celle de la mise en orbite d’un satellite.

En septembre, Mme Ri était apparue, cette fois sans préavis, pour annoncer un cinquième essai nucléaire qui aurait selon le Nord permis de confirmer que le pays était capable de miniaturiser une ogive nucléaire de manière à pouvoir la monter sur un missile.

Cette affirmation a été mise en doute par les experts du dossier nord-coréen, qui ne croient pas non plus que l’essai de janvier 2016 était celui d’une bombe H.

Des citoyens sud-coréens passent à Séoul devant un écran de télévision montrant le dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-Un (G) célébrant le tir d’un missile intercontinental par son pays

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