Syrie: Washington prêt à travailler avec Moscou sur des zones d’exclusion aérienne

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Washington (AFP) – Les Etats-Unis sont prêts à travailler avec la Russie pour établir des zones d’exclusion aérienne en Syrie, a annoncé le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, avant la première rencontre vendredi entre les présidents russe et américain.

Dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine a souligné la « responsabilité particulière » de la Russie, alliée du régime de Damas, pour « parvenir à la stabilité » en Syrie.

« Les Etats-Unis sont prêts à explorer la possibilité d’établir avec la Russie des mécanismes communs assurant la stabilité (en Syrie), y compris des zones d’exclusion aérienne, des observateurs du cessez-le-feu, et une livraison coordonnée de l’aide humanitaire », a écrit le chef de la diplomatie.

« Si nos deux pays travaillent ensemble pour établir la stabilité sur le terrain, cela posera des fondations pour une avancée vers un accord sur l’avenir politique de la Syrie », a-t-il ajouté, alors que les relations entre Washington et Moscou se sont récemment tendues sur la Syrie.

M. Tillerson a publié son communiqué avant de rejoindre le président Donald Trump en Europe, où la Syrie sera au menu du tête-à-tête vendredi entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine, en marge du G20 à Hambourg, en Allemagne.

Cet entretien intervient alors que les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par les Etats-Unis, sont entrées dans Raqa, dernier grand fief urbain du groupe Etat islamique en Syrie.

– L’EI ‘au bord de la défaite’-

Le groupe jihadiste « pourrait être au bord de la défaite complète en Syrie si toutes les parties se concentrent sur cet objectif », a souligné M. Tillerson, estimant que « la communauté internationale, et plus particulièrement la Russie, doit éliminer les obstacles entravant la défaite » de l’EI.

« Nous appelons toutes les parties, dont le gouvernement syrien et ses alliés, les forces d’opposition syriennes et les forces de la coalition menant la bataille contre l’EI, à éviter d’entrer en conflit entre elles et respecter les frontières géographiques des zones de +désescalade+ (…) », a encore dit le secrétaire d’Etat.

Les relations se sont tendues entre le régime de Damas et les forces soutenues par Washington, qui a abattu le 18 juin un avion syrien en expliquant que l’appareil menaçait des FDS.

Ces tensions ont par ricochet affecté les relations avec la Russie, qui avait dénoncé comme un « acte d’agression » la destruction de l’avion syrien, reprochant à Washington de ne pas l’avoir prévenue.

M. Tillerson a qualifié mercredi ces incidents de « mineurs » et s’est félicité de la coopération entre Washington et Moscou en matière de communication militaire, pour notamment définir en Syrie des zones dites de « désescalade » visant à éviter les incidents aériens.

Les Etats-Unis et la Russie « ont encore certainement des différends sur un certain nombre de sujets, mais nous avons le potentiel pour nous coordonner de manière appropriée en Syrie afin de parvenir à la stabilité », a-t-il ajouté.

Il a ajouté que la Russie avait « l’obligation d’empêcher toute utilisation d’armes chimiques par le régime d’Assad ». Washington a menacé le régime syrien de riposter s’il lançait une nouvelle attaque à l’arme chimique.

La Russie, l’Iran, également alliée du régime syrien de Bachar al-Assad, et la Turquie, soutien des rebelles, avaient adopté début mai à Astana un plan pour créer dans la Syrie en guerre quatre zones sécurisées, afin d’instaurer une trêve durable dans plusieurs régions.

Mais deux jours de négociations cette semaine à Astana ont échoué à parvenir à un accord sur la mise en en place de zones de « désescalade » permettant un cessez-le-feu durable en Syrie.

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