Assassinat du juge Borrel: une expertise « confirme l’origine criminelle du décès »

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Paris (AFP) – Un collège d’experts a confirmé « l’origine criminelle » de la mort du juge Bernard Borrel dans l’enquête sur l’assassinat non-élucidé du magistrat français, dont le corps a été retrouvé calciné en 1995 à Djibouti, a annoncé vendredi le parquet de Paris.

Ce rapport daté du 26 juin vient confirmer une expertise de 2007 qui avait déjà mis en lumière la nature criminelle du décès du magistrat, survenu dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995. Son corps avait été trouvé, en partie dénudé, en contrebas d’un ravin, dans une région désertique à 80 kilomètres de la capitale.

Dix ans plus tard, les experts, qui se sont basés sur l’examen de photographies et l’étude des rapports incendies et médico-légaux, arrivent aux mêmes conclusions. Ils estiment que les fractures décelées sur le corps du magistrat, au crâne et au bras gauche sont « compatibles avec des coups portés par un tiers », a indiqué le parquet dans un communiqué.

Les experts affirment également que « la position » du cadavre, la répartition « homogène des brûlures » et leur « degré » plaident « en faveur du déversement de produit inflammables » sur le corps « recroquevillé » sur le lieu de sa découverte. Ils écartent également l’hypothèse d’une « auto-aspersion » avec un briquet « qui n’a pas brûlé ».

Au regard de la « configuration des lieux », dans un environnement « rocheux abrupt (…) la progression de nuit sur plus d’une dizaine de mètres d’une victime pieds nus, en proie à la douleur des brûlures » et avec la vue altérée (…) « apparaît fortement improbable ».

La justice avait un temps privilégié la thèse d’un suicide du magistrat avant de réorienter l’enquête vers la piste criminelle à partir de 2002.

Trente ans après le début de l’enquête, le mystère plane toujours sur les raisons de son décès, à 39 ans. Bernard Borrel était à l’époque chargé de mission auprès du ministre djiboutien de la Justice. Selon la thèse de son épouse Elisabeth Borrel, il aurait pu être victime d' »un crime d’État qui pourrait impliquer le président de Djibouti et des ressortissants français ».

L’affaire, marquée par des péripéties judiciaires, avait pesé sur les relations diplomatiques avec l’ancienne colonie française.

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