Conseil des ministres franco-allemand: Macron veut faire « bouger » les lignes

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Paris (AFP) – Quelques heures avant d’accueillir Donald Trump, Emmanuel Macron a reçu jeudi Angela Merkel à l’Elysée avec l’intention de convaincre Berlin de « bouger » pour corriger les « dysfonctionnements » de la zone euro et lui « donner le destin qu’elle mérite », à l’occasion du 19e Conseil des ministres franco-allemand qu’ils coprésident.

Mais le président français et la chancelière allemande ont entamé cette matinée de travail par un acte symbolique, assistant dans le nord de Paris à un atelier linguistique organisé par l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) pour favoriser l’insertion professionnelle croisée d’une trentaine de jeunes Français et Berlinois.

Une manière pour Emmanuel Macron de rappeler la dimension culturelle et éducative qu’il entend donner à la relance du couple franco-allemand avec une mesure phare, rappelée dans une interview publiée jeudi: la réouverture de 1.200 classes bi-langues menacées par la réforme des collèges de l’ancienne majorité socialiste.

Il s’agit de porter l’enseignement de l’allemand à « un niveau qu’il n’a jamais connu », a-t-il assuré dans cet entretien accordé au quotidien Ouest France et au groupe de journaux allemands Funke.

Sur le front économique, a-t-il cependant prévenu, l’Allemagne « doit bouger, comme la France doit bouger » en se réformant. Berlin, a-t-il insisté, doit « accompagner une relance de l’investissement public et privé en Europe » et assumer des « responsabilités partagées ».

Car, selon lui, la compétitivité allemande est due en « partie » aux « dysfonctionnements de la zone euro » et « à la faiblesse d’autres économies ».

Le chef de l’Etat français et la chancelière allemande avaient rejoint Paris ensemble dès mercredi soir, à bord d’un appareil de la République fédérale, après un sommet sur les Balkans qui les avait déjà réunis à Trieste (Italie).

Ils présideront en milieu de matinée jeudi un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité centré sur la lutte antiterroriste et l’Europe de la défense.

Puis ils poursuivront leurs entretiens en présence du Premier ministre français Edouard Philippe, alors que les ministres français et allemands se retrouveront par tandem selon leurs domaines de compétences: Intérieur, Affaires étrangères, Défense, Finances, Culture, Travail, Education, Affaires européennes…

– Jalons –

Les deux exécutifs partageront ensuite un déjeuner avant une conférence de presse conjointe du président français et de la chancelière allemande.

A moins de trois mois des élections générales en Allemagne, Paris et Berlin, à défaut d’avancées décisives sur les dossiers clés comme la réforme de la zone euro, tentent de poser des jalons pour l’avenir. L’exécutif allemand a également à coeur de sonder les intentions du nouveau gouvernement français.

La chancelière elle-même comptait évoquer plus en détail avec Emmanuel Macron ses projets pour l’eurozone, qu’il souhaiterait voir dotée d’un ministre des Finances. « Je dois savoir ce dont il s’agit, quelles compétences il aurait, quelles seraient les compétences européennes et nationales », a-t-elle observé cette semaine.

A ce propos, Emmanuel Macron se prononce dans les colonnes de Ouest France pour « des mécanismes de solidarité plus puissants » qui passent selon lui par un « budget » de la zone euro, « un gouvernement qui décide de l’allocation de ce budget et un contrôle démocratique qui n’existe pas aujourd’hui ».

Mais à titre d’exemple, Angela Merkel a évoqué aussi « la relance des (efforts) pour aligner davantage les conditions générales de l’imposition des entreprises » des deux côtés du Rhin.

Depuis son élection, Emmanuel Macron a manifesté une très claire volonté de relancer le couple franco-allemand.

Le nouveau président français en avait donné le ton dès sa première visite à la chancellerie, le 15 mai, au lendemain de son investiture, répondant par un « oui » dénué de toute ambiguïté à une question sur sa volonté de restaurer la densité de cette relation.

A l’issue du Conseil franco-allemand, il recevra Donald Trump, qui doit assister vendredi en sa compagnie au défilé militaire du 14 Juillet sur les Champs-Elysées, sans que le président américain ne croise la chancelière.

Le conseil des ministres franco-allemand à l’Elysée, le 13 juillet 2017
Emmanuel Macron et Angela Merkel à l’Élysée le 13 juillet 2017

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