Bleues: Le Sommer, serial-buteuse attendue au tournant à l’Euro

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Tilburg (Pays-Bas) (AFP) – « Joueuse de classe mondiale » avec Lyon, où elle a tout gagné en 2017, la serial-buteuse Eugénie Le Sommer a hérité d’une lourde mission pour l’Euro féminin: mettre fin à l’inefficacité chronique des Bleues dans les grands rendez-vous, pour espérer aller le plus loin possible aux Pays-Bas.

Préparation frustrante pour la N.9 de l’équipe de France: muette lors des deux derniers matches amicaux contre la Belgique (2-0) et la Norvège (1-1), Le Sommer n’a pourtant pas manqué d’occasions pour prendre confiance avant le premier match de poule contre l’Islande, mardi à Tilburg.

Mais son tir à bout portant contre la Belgique, à la suite d’un remarquable appel au premier poteau, a touché la barre transversale (56e), comme un symbole du manque de précision chronique des Bleues dans la finition.

« La prochaine fois cela rentrera! Je n’ai pas eu de réussite sur ce coup-là, mais je ne suis pas inquiète. Je sais que j’en ai déjà mis des comme ça », a-t-elle dédramatisé dimanche, lors d’un point-presse organisé au camp de base des Bleues à Zwijndrecht (20 km au sud de Rotterdam).

Il le faut car à 28 ans, l’attaquante aux 60 buts en 137 sélections avec l’équipe de France porte, en partie, sur ses épaules l’espoir d’un beau parcours.

En témoigne sa saison exceptionnelle sous le maillot de l’OL, où elle vient de réaliser le triplé Championnat-Coupe de France-Ligue des champions pour la 2e fois d’affilée, en terminant notamment meilleure buteuse de la D1 féminine avec 20 buts.

– « Cela ne me pèse pas » –

« C’est une joueuse de classe mondiale », estime auprès de l’AFP Frédéric Née, le coach-adjoint en charge des attaquantes, qui loue « sa vivacité au niveau des appuis avec un centre de gravité assez bas » et sa « bonne technique ».

Pour passer le cap des quarts de finale de l’Euro, et éviter de revivre deux cruelles éliminations de suite à ce stade aux tirs au but, comme en 2009 et en 2013, la France aura besoin du sang-froid d’une buteuse de sa trempe. De quoi lui faire ressentir une lourde responsabilité?

« Je ne vais pas mentir, il y a une pression mais cela ne me pèse pas », a-t-elle confié dans un entretien à l’AFP.

« C’est normal qu’avec mes statistiques et mon expérience maintenant en équipe de France, il y a une certaine pression et une certaine attente de la part des gens. C’est comme ça, je ne vais pas changer mon jeu », complète-t-elle, ajoutant que les soucis d’efficacité sont avant tout « un problème collectif ».

Nommé en mars dernier pour la 2e fois d’affilée dans le « onze mondial » féminin de la Fifpro (syndicat mondial des joueurs), sur le modèle de celui des hommes, aux côtés notamment de la star américaine Alex Morgan, Le Sommer ne cesse de progresser sur le plan individuel.

– « Elle doit être l’une des leaders » –

« Aujourd’hui, je ne suis pas étonné si Eugénie a franchi des paliers. En tous les cas, elle est très à l’écoute, elle a envie encore de progresser, et je pense qu’elle va franchir encore d’autres étapes », s’est satisfait Olivier Echouafni, le sélectionneur des Bleues.

« De vouloir se battre et d’être la meilleure, c’est une bonne chose pour nous et pour elle, surtout parce que la France a besoin d’avoir aussi de grandes joueuses comme le sont Camille (Abily) et Wendie (Renard). C’est important d’avoir des leaders, elle doit être l’une des leaders de ce groupe », insiste Frédéric Née.

Très enthousiaste par rapport à l’apport du travail spécifique mis en place par l’entraîneur des attaquantes depuis son arrivée en septembre, Le Sommer doit toutefois encore progresser dans certains domaines.

« Il y a beaucoup de déchet dans ses appels. Il faut qu’elle s’économise pour être plus performante. Naturellement, elle a des qualités physiques innées, après il faut améliorer certains déplacements », souligne Née.

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