Grèce: les réfugiés mineurs toujours mal pris en charge

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Athènes (AFP) – La Grèce ne prend pas assez bien en charge les réfugiés mineurs non accompagnés, a affirmé jeudi l’ONG Human Rights Watch, citant notamment le camp de Lesbos où la police est par ailleurs intervenue assez violemment mardi.

« Des migrants mineurs non accompagnés sont identifiés en tant qu’adultes et cela provoque de vrais problèmes, comme les mettre ensemble avec des adultes qui n’ont aucun lien avec eux, ou ne pas leur donner les soins qu’ils nécessitent », a indiqué HRW dans un communiqué.

Pour HRW, « les autorités grecques doivent faire en sorte d’identifier correctement ces enfants non accompagnés, et leur apporter la protection et le soin dont chaque enfant a besoin ».

Ainsi, HRW a découvert 20 adolescents enregistrés comme adultes dans le camp de Moria à Lesbos, une île de la mer Egée. Les incidents — incendies, bagarres — y sont récurrents entre réfugiés excédés d’attendre le résultat de leur demande d’asile et anxieux d’être ramenés en Turquie si cet asile leur est refusé.

Mardi, la police est intervenue de manière très virulente, selon des images vues par l’AFP. Une trentaine de personnes, notamment des Africains, ont été arrêtées et seront jugées vendredi, pour destructions graves, rébellion et violence contre la police.

En mars, le ministre des Migrations Yiannis Mouzalas avait dénoncé « l’hypocrisie majeure » de l’Europe vis-à-vis de la Grèce au sujet des mineurs non accompagnés, se plaignant alors que les autres pays de l’UE n’aient accepté de relocaliser que 650 des quelque 2200 mineurs non accompagnés recensés dans le pays.

Par ailleurs, certains adolescents non accompagnés font en sorte d’être pris pour des adultes afin d’être plus libres de leurs mouvements, souligne régulièrement la presse grecque.

Le mois dernier, le haut commissaire de l’ONU aux réfugiés Filippo Grandi avait jugé « décevante » l’avancée du programme de relocalisation des réfugiés mis en place en septembre 2015 pour tenter de soulager la Grèce et l’Italie.

Alors que le plan prévoyait initialement 160.000 relocalisations, ils n’étaient partis de Grèce au 13 juillet que 16.477 personnes, et d’Italie 7.615 personnes, selon les statistiques publiées par la Commission européenne.

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