Frédéric Née, « docteur ès but » au chevet des maux offensifs des Bleues

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Utrecht (Pays-Bas) (AFP) – La panne en attaque, c’était une maladie chronique chez les Bleues… Alors Frédéric Née, ancien meilleur buteur français de Ligue 1, a été missionné pour transformer Marie-Laure Delie & cie en machine à marquer lors de l’Euro-2017.

« La principale qualité (des attaquantes de l’équipe de France féminine), c’est la générosité. Je pense qu’elles ne calculent pas leurs efforts », souligne l’entraîneur adjoint, jeudi au camp de base des Bleues. Avant d’ajouter avec un sourire malicieux: « Mais leur plus grand défaut, c’est qu’elles ne marquent pas assez ».

La voix est timide, mais le diagnostic est clinique. Tout comme le fut son adresse devant le but, qui fit le bonheur de Bastia notamment à la fin des années 1990, mais fait tant défaut aux Bleues dans leur quête de premier titre au niveau international.

Pour résoudre cette carence fatale lors des six compétitions majeures qu’elles ont disputées depuis l’Euro-2009, le sélectionneur Olivier Echouafni, nommé en septembre après une nouvelle désillusion aux JO-2016, a décidé de faire appel à ses compétences.

« Elles ont une chance incroyable de l’avoir », s’est-il enthousiasmé avant le début de la compétition, au sujet de son ancien adversaire sur les terrain de Ligue 1 au milieu des années 1990-2000, qui s’était déjà occupé des attaquants de Bastia puis de Rennes, sous les ordres respectifs de Frédéric Hantz et Philippe Montanier.

– ‘Corriger leur geste’ –

Au vu de l’appétit affiché des attaquantes pour les exercices proposés par l’ancien international (1 sélection), Echouafni a de quoi être satisfait.

« Il a été attaquant, il sait de quoi il parle. Je trouve ça important de nous donner des petites clés, des petits conseils qui peuvent nous aider », témoigne la N.9 des Bleues Eugénie Le Sommer auprès de l’AFP. Dans la tête, pour la confiance, il nous aide beaucoup. C’est vraiment bien. »

Mais quels sont donc ses remèdes ? « (Mon rôle) c’est de les déstresser et de les rassurer, de leur parler énormément, et de corriger leurs gestes pour qu’elles soient meilleures », explique Née, aujourd’hui âgé de 42 ans.

« Quand le rythme est plus élevé, les mauvais réflexes ressortent. C’est pour ça qu’on a eu pas mal de déchets techniques lors du premier match (contre l’Islande, 1-0) », où les Bleues ont tiré 17 fois pour seulement 5 cadrés, détaille-t-il.

Que faudra-t-il corriger pour avoir une meilleure efficacité contre l’Autriche, samedi (20h45) ? « Il faut trouver la bonne position », répond-il simplement.

« C’est la gestuelle qui va leur donner de la puissance. C’est un travail à leur apprendre. Elles ont moins de force avec l’intérieur du pied que les garçons, c’est pour ça qu’elles cherchent à frapper du cou-de-pied pour optimiser leur puissance. Malheureusement avec le cou-de-pied, cela monte un peu ou c’est sur la gardienne », décortique-t-il.

– ‘Détails’ –

Au-delà de la finition, Née, qui prend systématiquement de la hauteur en tribunes lors des premières périodes des matches des Bleues pour mieux observer l’équipe, entend faire articuler au mieux toute la chaîne de l’attaque, des « derniers centres » aux « passes en profondeur ».

Car si Née est chargé spécifiquement des attaquantes, cela ne l’empêche pas de travailler aussi avec les autres joueuses de champ, à l’image de la latérale Jessica Houara d’Hommeaux.

« Il a remarqué qu’avec une certaine position de mon corps, je centrais beaucoup mieux. Il m’a donné ce détail-là, et comme par hasard les 10 centres suivants pendant l’entraînement ont été beaucoup mieux », a-t-elle confié jeudi.

« Ce sont des détails, mais des détails importants. On sait que la dernière passe est très importante dans un match », ajoute-t-elle. Aux Bleues de suivre scrupuleusement l’ordonnance de leur « docteur en but » pour retrouver l’efficacité.

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