Cyberscandale en Suède : deux poids lourds du gouvernement menacés

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Stockholm (AFP) – Deux poids lourds du gouvernement de centre gauche en Suède, les ministres de l’Intérieur et de la Défense, étaient menacés de limogeage mercredi dans le cadre d’un scandale de fuites de données sensibles détenues par un organisme public.

Il est reproché à Anders Ygeman et Peter Hultqvist, des cadres du parti social-démocrate, de n’avoir pas fait remonter à temps l’information au Premier ministre Stefan Löfven.

La ministre des Infrastructures, Anna Johansson, assure n’avoir été mise au courant que tardivement mais elle était elle aussi donnée partante par la presse nationale en tant que ministre de tutelle.

Comme la Constitution les y autorise, les quatre partis d’opposition du centre et de la droite ont annoncé mercredi leur intention de déposer une motion de censure à leur encontre en vue de les faire tomber. Avec le soutien des Démocrates de Suède (extrême droite), ils sont quasiment certains d’obtenir la majorité requise.

Le Riksdag, le Parlement monocaméral de ce royaume scandinave, pourrait être convoqué à cette fin en session extraordinaire dans les prochaines semaines.

L’opposition, par ailleurs divisée et affaiblie dans les sondages, ne demande pas la tête du chef du gouvernement, même si l’hypothèse de sa démission est évoquée par des politologues.

A l’origine de cette crise, la décision de l’Agence publique de transports de Suède de confier le registre des permis de conduire à des techniciens n’ayant pas d’habilitation de sécurité en République tchèque et en Roumanie, dans le cadre d’un contrat d’externalisation informatique.

L’identité d’agents des services de renseignement et d’autres personnes bénéficiant d’adresses et d’identités secrètes pourrait à cette occasion avoir été compromise, selon les médias suédois.

Cette affaire, déjà ancienne mais dévoilée il y a seulement quelques semaines par les médias, « témoigne d’une grande naïveté dans l’administration de l’Etat en Suède », a tonné le chef de file des libéraux Jan Björklund.

« Il est de notre devoir en tant qu’élus de dire avec résolution qu’une telle irresponsabilité est inacceptable », a renchéri la présidente du Centre, Annie Lööf.

Le chef du groupe social-démocrate au parlement a déploré que l’opposition dépose une motion de censure avant l’enquête de la commission des Affaires constitutionnelles ou celle annoncée par le Premier ministre.

« Cela montre qu’une enquête sérieuse ne les intéresse pas », a protesté Tomas Eneroth.

Les partis de gauche ironisent sur « l’opportunisme » politique de l’opposition de droite qui était aux affaires lorsque l’appel d’offres pour l’externalisation informatique de l’agence a été lancé.

L’agence avait signé un contrat en avril 2015 avec la multinationale IBM, laquelle avait alors fait appel à des sous-traitants tchèques et roumains.

Des informations sur le personnel militaire, les véhicules et les plans de défense et d’urgence feraient partie des documents compromis, de même que des documents sensibles sur les ports, les ponts, les réseaux ferré et routier.

Le ministre suédois de la Défense Anders Ygeman, à Bruxelles le 15 novembre 2016

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