La Catalogne adopte une loi pour faciliter le référendum d’autodétermination

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Madrid (AFP) – Les séparatistes catalans ont adopté mercredi une réforme parlementaire leur permettant de convoquer plus facilement le référendum d’autodétermination du 1er octobre, interdit par Madrid, alors que la tension grandit avec le gouvernement central.

La réforme, adoptée au parlement catalan par 72 élus sur 135, fait sauter des verrous qui auraient rendu l’adoption du texte longue et difficile.

Elle permettra aux parlementaires d’adopter la loi convoquant le référendum par le biais d’une procédure accélérée avec un seul débat, sans examen en commission et sans amendements.

Les juristes du parlement s’étaient prononcés contre la réforme, et l’opposition aux séparatistes, de gauche comme de droite, a fait bloc contre le texte, qui viole selon elle les droits des parlementaires.

« Vous allez trop loin, vous qui passez votre temps à vanter la démocratie », a notamment dit, lors du débat en séance plénière, l’élu du parti Catalogne oui c’est possible (CSQP, gauche), Joan Coscubiela.

Les séparatistes devraient par ce biais pouvoir faire adopter avec un seul débat, à partir de la mi-août, la loi qui convoquera le référendum.

Cette loi sera certainement suspendue puis annulée par la Cour constitutionnelle, qui a interdit la tenue d’un référendum d’autodétermination que les indépendantistes réclament depuis 2012. Mais ils n’en ont cure.

« Notre engagement avec le peuple et avec le Parlement catalan est clair (…) Aucune suspension, aucune menace ne pourra empêcher les Catalans de décider de leur avenir de façon démocratique », a prévenu lundi le président catalan, Carles Puigdemont, dans un entretien au quotidien français Le Figaro.

Un peu plus tôt, le « ministre » de l’Intérieur catalan avait déclaré que la police régionale faciliterait l’organisation du référendum, même interdit.

« C’est sans précédent dans notre démocratie », a estimé Carlos Carrizosa, porte-parole au parlement régional du principal parti d’opposition aux séparatistes, Ciudadanos (centre-droite).

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a pour sa part promis d’empêcher la tenue du scrutin, menaçant de poursuites et de sanctions ceux qui l’organiseraient.

Mais le gouvernement régional séparatiste est décidé à aller de l’avant. Carles Puigdemont a même poussé ses ministres les plus tièdes à partir, pour s’assurer de la loyauté de ses troupes face aux menaces de Madrid.

Selon un récent sondage 49,4% sont contre la sécession, et 41,06% veulent se séparer de l’Espagne. Mais une large majorité, plus de 70% des Catalans, souhaitent ce référendum.

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