Migrants: Tripoli demande l’aide italienne dans les eaux libyennes (Gentiloni)

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Rome (AFP) – Le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni a déclaré mercredi que son homologue de Tripoli, Fayez al-Sarraj, lui avait demandé l’aide de navires italiens dans les eaux territoriales libyennes pour lutter contre les trafiquants d’êtres humains.

M. Sarraj « m’a envoyé une lettre pour demander au gouvernement italien un soutien technique avec des unités navales italiennes dans la lutte commune dans les eaux libyennes contre les trafiquants d’êtres humains », a déclaré M. Gentiloni à la presse à l’issue d’une rencontre à Rome avec le chef du gouvernement d’entente nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale mais qui peine à asseoir son autorité en dehors de Tripoli.

Cette requête des autorités de Tripoli « est à l’examen du ministère de la Défense et les options seront examinées avec les autorités libyennes et le parlement italien », a poursuivi M. Gentiloni.

Si l’Italie répond positivement à cette demande « comme je crois qu’il est nécessaire de le faire, cela peut représenter une nouveauté très importante dans la lutte contre le trafic d’être humains », a conclu M. Gentiloni.

Un accord entre les autorités de Tripoli et le gouvernement de Rome permettant l’intervention d’unités navales italiennes dans les eaux territoriales libyennes permettrait vraisemblablement de réduire énormément le flux de migrants partant des côtes libyennes.

« Il faut faire encore plus pour que nos gardes-côtes soient en mesure de combattre l’immigration clandestine et faire en sorte que nous disposions de technologies avancées pour contrôler nos côtes », a pour sa part déclaré Fayez al-Sarraj.

« Je souhaite qu’on se concentre sur le contrôle des frontières sud (de la libye) de sorte qu’on parvienne à faire rentrer les personnes déplacées dans leur pays d’origine », a-t-il ajouté.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 111.514 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le premier janvier, dont près de 93.500 en Italie. Plus de 2.360 sont morts en tentant la traversée.

L’Union européenne s’est engagée mardi à aider davantage l’Italie à faire face à l’arrivée de migrants sur ses côtes.

Dans une lettre à M. Gentiloni, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a promis 100 millions d’euros supplémentaires, en plus des 800 millions déjà engagés.

Il écrit également qu’une équipe de contact liée à la Commission « s’assurera d’un flux permanent d’informations avec les autorités italiennes et d’une réponse opérationnelle rapide des services de la Commission ».

La rencontre Gentiloni-Sarraj intervient au lendemain d’une réunion de M. Sarraj avec son principal rival libyen, le général Khalifa Haftar qui contrôle l’est du pays.

Au cours de cette réunion à l’initiative du président français Emmanuel Macron, les deux hommes ont « agréé », et non signé, une déclaration en dix points prévoyant, entre autres, un cessez-le-feu et des élections au printemps prochain.

Parlant plus tard devant les ambassadeurs italiens à Rome, M. Gentiloni a assuré « suivre avec espérance les développements » de cette rencontre, même si les doutes sont légitimes.

Il a ainsi rappelé la réunion entre les deux hommes qui s’est déroulée début mai à Abou Dhabi, sans parvenir à de vrais résultats.

Le chef du gouvernement italien a d’ailleurs revendiqué tout le travail réalisé par Rome en Libye, de l’hôpital militaire déployé à l’ouverture de l’ambassade à Tripoli, assurant que « l’Italie est en première ligne dans les activités de stabilisation de ce pays ».

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