Amman appelle Israël à juger le garde de son ambassade ayant tué deux Jordaniens

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Amman (AFP) – Le roi Abdallah II de Jordanie a appelé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à faire juger un garde de l’ambassade d’Amman qui avait ouvert le feu et tué deux Jordaniens dimanche, selon une source gouvernementale.

Le souverain hachémite, qui s’exprimait au cours d’une réunion avec de hauts responsables jordaniens, a appelé M. Netanyahu à « assumer ses responsabilités et prendre les mesures légales nécessaires pour juger le meurtrier », selon la même source.

La Jordanie et Israël sont liés par un traité de paix signé en 1994.

Le roi a critiqué la manière dont le garde avait été chaleureusement accueilli comme un héros par le Premier ministre israélien qui l’avait embrassé à son retour d’Amman.

« Nous sommes heureux de te voir ici et de voir que tout est fini (…) Tu as bien agi et calmement (…) Tu représentes l’Etat d’Israël et l’Etat d’Israël ne l’oublie jamais », a dit M. Netanyahu au garde qu’il a rencontré mardi, selon les médias israéliens.

« Ce comportement provocateur, nous le refusons totalement (…) Il nourrit l’extrémisme », a dénoncé le roi Abdallah de Jordanie.

« Un membre de l’ambassade d’Israël à Amman a ouvert le feu sur deux de nos citoyens. L’Etat jordanien fera tout son possible pour leur rendre justice », a prévenu le souverain hachémite.

Il a mis en garde Israël, affirmant que son attitude dans cette affaire aurait un « impact direct » sur la nature des relations entre les deux pays.

Des milliers de Jordaniens avaient crié « mort à Israël » mardi lors des funérailles d’une des deux victimes jordaniennes.

Mohammed Jawawdah, 17 ans, était venu installer dimanche du mobilier dans l’ambassade mais une dispute a éclaté avec le garde israélien, selon la sûreté générale jordanienne. Le jeune homme a attaqué et blessé l’employé de l’ambassade, qui a riposté en tirant sur lui.

Les coups de feu ont également mortellement touché le propriétaire de l’immeuble qui se trouvait à côté.

Le chef de la diplomatie jordanienne Aymane Safadi a affirmé mardi qu’il n’y avait pas eu d' »arrangement » ni de « négociations » avec Israël sur la fusillade à l’ambassade.

Selon lui, le gouvernement voulait interroger le garde de sécurité avant de l’autoriser à quitter le pays, et « en dépit de l’immunité diplomatique, nous avons été en mesure de prendre sa déposition ».

La Jordanie continuera l’enquête jusqu’à ce que « la vérité soit établie et la justice rendue », a assuré M. Safadi.

Les forces de sécurité jordaniennes ont renforcé leur présence autour de l’ambassade israélienne, dans l’ouest de la capitale jordanienne, après des appels à manifester contre Israël lancés par des militants sur les réseaux sociaux.

Certains militants voulaient que la manifestation ait lieu mardi, d’autres proposant sa tenue vendredi après la prière hebdomadaire.

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