Euro: parcours chaotique pour l’équipe de France mais peut-être fondateur

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Zwijndrecht (Pays-Bas) (AFP) – L’essentiel est assuré mais l’objectif initial n’a pas été rempli: l’équipe de France féminine, qui a dû arracher sa qualification in extremis pour les quarts de finale de l’Euro-2017, n’a pas réalisé un 1er tour à la hauteur de son rang de 2e nation européenne, en terminant derrière la modeste Autriche.

. Fond de jeu décevant, objectif non rempli

La 3e sélection au classement Fifa, qui possède en son sein 13 joueuses sur 23 ayant disputé la dernière finale de la Ligue des champions, se retrouve derrière les Autrichiennes, 24es au classement mondial.

« Si j’avais été là en train de vous dire que l’on n’était pas qualifié, j’aurais été certainement très très déçu. Mais là au vu de la situation, de la physionomie du match… J’avais dit aux filles qu’il fallait se qualifier, après finir 1er ou 2e… il n’y a pas on va dire vraiment de place idéale », a voulu dédramatiser le sélectionneur Olivier Echouafni, après la rencontre contre la Suisse (1-1).

Dans une poule faible sur le papier, finir avec 5 points – une courte victoire contre l’Islande 1-0 puis deux nuls – reste tout de même une contre-performance pour la France, l’un des favoris de la compétition.

Car au-delà du bilan comptable, c’est le niveau de jeu, trop souvent sur courant alternatif, qui a déçu, alors que le potentiel technique des Bleues est considéré par les observateurs comme l’un des meilleurs du monde.

« C’est sûr qu’on aurait préféré gagner nos matches dans le jeu plus tranquillement. Mais face à une équipe qui joue, cela blinde derrière et cela procède en contre. C’est plus facile pour l’équipe qui défend que pour l’équipe qui a le ballon. Pour trouver les solutions, cela demande encore quatre fois plus d’efforts », a tenté d’expliquer la capitaine Wendie Renard.

. Inefficacité et trous d’air récurrents

Bis repetita. Une entame de match quasi parfaite avec une occasion franche toute proche d’ouvrir le score, suivie dans la foulée d’un inexplicable relâchement souvent lourd de conséquences. Encore une fois.

Contre l’Autriche (1-1) et la Suisse, la France s’est mise en difficulté toute seule en devant revenir au score à chaque fois à cause d’une erreur individuelle et de son incapacité à tuer le match d’entrée de jeu.

« On a peut-être besoin d’être piqué, de pouvoir ensuite mettre en place nos idées. Lors du prochain match je pense qu’on va commencer à dix directement », a dit Echouafni sur le ton de l’humour après le nul contre la Suisse, sans pour autant donner d’explication à ces sautes de concentration récurrentes.

« Il faut être encore plus rigoureuses défensivement pour ne pas se mettre en danger aussi facilement. Il ne faut pas laisser d’espoir aux autres équipes. C’est vrai que là même si on a la possession, et la maîtrise, il ne faut pas se faire prendre comme ça sur les contres », a prévenu la buteuse Eugénie Le Sommer.

. L’exemple du Portugal à l’Euro-2016 ?

Mais à l’image du Portugal chez les messieurs lors de l’Euro-2016, ce parcours chaotique en phase de poule, où les Bleues ont dû puiser dans leurs ressources mentales pour éviter le pire, pourrait paradoxalement leur servir de déclic au moment d’aborder les matches à élimination directe.

« Ah, on espère ! C’est vrai que le coach nous avait dit avant le match (contre la Suisse) que le Portugal n’avait pas été très flamboyant en match de poule avec trois nuls, ils sont devenus champions d’Europe. Je signe tout de suite ! Franchement même si on ne fait pas un beau football, et que cela va être tout à l’arrache, je prends avec plaisir », a espéré la N.10 Camille Abily, auteure mercredi du but de la qualification.

Le fait d’avoir réussi à revenir dans la partie après un début de match cauchemar, et à ne rien lâcher à dix contre onze pendant près d’une heure de jeu, a révélé une force mentale impressionnante qui pourrait faire la différence dans la suite de compétition.

« On a montré du caractère, de belles valeurs. On a été toutes ensembles tout le match, on a vraiment rien lâché. Il faut retenir ça pour s’en servir pour les prochains matches », a espéré Le Sommer. A commencer par le quart contre l’Angleterre, très probable futur premier du groupe D.

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