Le choix de Trump pour la Fed: reconduire Yellen ou parachuter l’ex-banquier Gary Cohn

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Washington (AFP) – Donald Trump va pouvoir peser sur la Réserve fédérale américaine (Fed) en désignant celui ou celle qui dirigera la puissante banque centrale et la présidente sortante, la démocrate Janet Yellen, n’apparaît pas si mal placée.

Dans un entretien au Wall Street Journal mardi, Donald Trump a confié que Janet Yellen, qui préside la Fed depuis 2014, était « absolument dans la course » mais qu’il considérait aussi pour ce poste l’ex-banquier Gary Cohn, actuellement conseiller économique en chef à la Maison Blanche.

Le mandat de Mme Yellen, 70 ans, arrive à terme le 3 février 2018 mais la nouvelle nomination devrait intervenir à la fin de l’année, a affirmé M. Trump.

Alors qu’il avait vivement attaqué Janet Yellen lors de sa campagne électorale, affirmant qu’elle conservait des taux d’intérêt bas pour favoriser les démocrates, M. Trump, qui lui aussi ne cache plus « aimer les taux bas », affirme maintenant apprécier Mme Yellen.

« Je l’aime bien. J’aime bien son style. Je crois qu’elle a fait un bon boulot », a-t-il dit au quotidien économique. « J’aimerais voir les taux d’intérêt rester bas. Historiquement c’est quelqu’un qui a été en faveur des taux bas », a-t-il ajouté.

Depuis qu’elle a pris les rênes de la Fed, Janet Yellen est connue comme une « colombe » dans le langage de la banque centrale qui identifie ainsi ceux qui préfèrent une politique monétaire très accommodante favorisant l’emploi plutôt que la lutte contre l’inflation. Les « colombes » s’opposent aux « faucons », peu nombreux au sein du directoire de la banque centrale ces temps-ci, qui craignent l’inflation et veulent resserrer plus vite la vis monétaire.

– Continuité –

Après sept ans de politique à taux zéro pour soutenir la reprise, la Fed, sous la houlette de sa première femme présidente, a de façon progressive et prudente relevé modestement les taux. Mercredi, la banque centrale a d’ailleurs choisi de les laisser en l’état en attendant de voir l’inflation se raffermir.

S’il décidait de reconduire Janet Yellen, Donald Trump prendrait le pari de la continuité, même si l’ancienne professeure qui a passé l’essentiel de sa carrière à la Fed, n’est pas de son camp politique. Il prendrait aussi l’assurance d’une politique monétaire favorable à l’emploi mais aussi à la bourse. Wall Street a en effet pleinement profité des taux d’intérêt bas, les investisseurs cherchant le profit dans les actions.

L’intéressée quant à elle a jusqu’ici botté en touche, assurant qu’elle n’avait « pas encore réfléchi » à sa propre succession.

L’histoire plaide aussi pour la continuité. Il est fréquemment arrivé qu’un président renomme pour un second mandat un dirigeant de la Fed qui avait été choisi par un président d’un autre bord.

Ce fut le cas de Ben Bernanke, nommé par le républicain George W. Bush et reconduit par Barack Obama ou même de Paul Volcker, choisi par le démocrate Jimmy Carter et renouvelé par Ronald Reagan.

– Ancien de Goldman Sachs –

Mais Donald Trump peut aussi préférer un homme de son clan en la personne de Gary Cohn, un riche vétéran de Wall Street de 56 ans au style parfois abrupt, propulsé en décembre directeur de l’influent Conseil économique national (NEC) de la Maison Blanche, même s’il passait plutôt pour proche des démocrates.

Ce serait la première fois depuis des décennies qu’un ex-banquier prendrait la tête de la Fed où ont plutôt siégé économistes et universitaires. Ancien trader, issu d’une famille modeste, M. Cohn a grimpé au poste de numéro 2 de Goldman Sachs, la puissante banque d’affaires de Wall Street. Il fait partie de la demi-douzaine d’ex-« Goldman Boys » qui entourent Donald Trump, parmi lesquels Steven Mnuchin (secrétaire du Trésor) et tout récemment Anthony Scaramucci (communications de la Maison blanche).

« Je connais Gary depuis longtemps (…), Gary est assurément sur la liste » des candidats considérés pour la Fed, a affirmé Donald Trump.

Mais son passé proche de Wall Street peut aussi jouer en sa défaveur: « je ne connais pas les vues de M. Cohn en terme de politique monétaire, mais je crains que son expérience passée ne contamine la perception que le public aura de ses décisions », affirmait récemment Narayana Kocherlakota, un ancien président régional de la Fed.

D’autres noms circulent mais n’ont pas été cités par le président Trump qui aura aussi l’occasion de nommer un nouveau vice-président de la Fed à la place de Stanley Fischer dont le mandat s’achève en juin prochain.

Gary Cohn, conseiller économique en chef à la Maison Blanche, le 5 juin 2017 à Washington

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