Jérusalem: calme relatif malgré des restrictions israéliennes

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Jérusalem (AFP) – Des milliers de Palestiniens se sont réunis pour la première prière du vendredi depuis deux semaines sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, pendant que d’autres, soumis à des restrictions d’âge, priaient hors de la Vieille ville.

Malgré un calme relatif sur l’esplanade des Mosquées au coeur de vives tensions depuis plus de dix jours, deux Palestiniens ont été tués vendredi.

L’un après avoir tenté d’attaquer des soldats israéliens en Cisjordanie occupée, selon l’armée. L’autre a été fauché par des tirs israéliens lors d’affrontements dans la bande de Gaza, a annoncé le ministère de la Santé dans cette enclave palestinienne.

Sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, on pouvait observer un quasi retour à la normale grâce à la fin d’un boycott de protestation des autorités religieuses palestiniennes.

De peur que la grande prière hebdomadaire ne dégénère en violences, les autorités israéliennes avaient interdit son accès aux hommes de moins de 50 ans.

Quelques échauffourées ont eu lieu à la porte des Lions qui donne à la fois sur la Vieille ville et sur l’esplanade, appelé Noble sanctuaire par les musulmans et Mont du Temple par les juifs.

Vendredi soir, toutes les portes d’accès à l’esplanade étaient ouvertes et les restrictions d’âge levées, ont indiqué un responsable du Waqf, l’organisme qui gère les biens musulmans, et le porte-parole de la police israélienne.

Un journaliste de l’AFP a constaté que des jeunes Palestiniens entraient librement sur l’esplanade, troisième lieu saint de l’islam.

Des affrontements ont éclaté dans la journée en Cisjordanie occupée notamment à Naplouse, Bethléem et Hébron, a rapporté l’armée.

Au total 225 Palestiniens ont été blessés en Cisjordanie et à Jérusalem-est occupés, selon le Croissant Rouge palestinien.

Dans la bande de Gaza, un Palestinien âgé de 16 ans a été tué et sept autres blessés lors de heurts avec des soldats israéliens près de la barrière de sécurité qui sépare hermétiquement ce territoire palestinien d’Israël.

– Pressions –

L’esplanade avait été fermée le 14 juillet après une attaque meurtrière contre deux policiers israéliens.

La police avait ensuite mis en place aux entrées du site des mesures de sécurité controversées, entraînant le boycott des fidèles musulmans, et des violences à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre israéliennes ont alors fait six morts ainsi que des centaines de blessés côté palestinien. Trois colons israéliens ont en outre été poignardés à mort en Cisjordanie par un Palestinien.

Depuis octobre 2015, Israël et les Territoires palestiniens sont en proie à des violences qui ont causé la mort de 292 Palestiniens, 44 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un Erythréen, un Soudanais et une Britannique, selon un décompte de l’AFP.

Après d’intenses pressions de la communauté internationale, Israël a retiré mardi les détecteurs de métaux, puis, jeudi, les derniers éléments du nouveau dispositif de sécurité.

Les autorités politiques et religieuses ont alors appelé jeudi les Palestiniens à retourner prier à la mosquée Al-Aqsa, qui se situe sur l’esplanade.

Mais peu après l’entrée sur l’esplanade de milliers de fidèles musulmans, des affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre israéliennes.

Selon Amnesty International, les forces de sécurité ont tiré « des grenades assourdissantes, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc envers une foule pacifique » à l’entrée du site.

La police israélienne a indiqué pour sa part que des Palestiniens avaient jeté des pierres vers les policiers, entraînant leur riposte.

– ‘Ratage de Bibi’ –

Le retrait des détecteurs de métaux est perçu par la presse israélienne comme une défaite du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Celui qui avait ordonné leur installation a ensuite été obligé de faire marche arrière, de crainte que la spirale de violence ne devienne incontrôlable.

« Le grand ratage de Bibi », titrait en Une le Jérusalem Post, généralement proche du Premier ministre, utilisant son surnom.

Israël avait justifié la mise en place des nouvelles mesures de sécurité en affirmant que les assaillants des deux policiers israéliens avaient dissimulé sur l’esplanade des armes.

Mais les Palestiniens y avaient vu une tentative d’Israël d’affermir son contrôle sur ce site.

Selon un statu quo, les musulmans peuvent aller prier sur l’esplanade à toute heure. Les juifs ne peuvent y pénétrer qu’à certaines heures et n’ont pas le droit d’y prier.

Heurts entre les forces israéliennes et des palestiniens sur l’esplanade des Mosquées, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 27 juillet 2017
La vieille ville de Jérusalem

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