Tchad: 11 morts lors d’une opération de police contre Boko Haram

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N’Djamena (AFP)-Onze personnes, dont cinq policiers, ont été tuées lundi au cours d’une opération de la police tchadienne contre des islamistes présumés de Boko Haram à N’Djamena, deux semaines après un double attentat sans précédent dans la capitale.

L’armée tchadienne, en première ligne dans l’opération régionale contre le groupe armé nigérian, toujours très actif dans le nord-est du Nigeria, y a aussi mené dimanche une incursion depuis le Cameroun contre Boko Haram.

Le Tchad reste sous le choc des attaques du 15 juin: ce jour-là, deux attentats-suicides simultanés contre le commissariat central et l’école de police de N’Djamena ont fait 38 morts – dont les trois kamikazes – et 101 blessés.

Selon le ministre de l’Administration du territoire et de la sécurité publique, Abderahim Bireme Hamid, l’opération policière dans la capitale a commencé dimanche soir avec l’arrestation, « après des échanges de tirs », du « +cerveau+ de Boko Haram au Tchad et au Nord-Cameroun avec ses complices ».

Ce présumé chef local, un Nigérian, « se nomme Bana Fanaye, alias Mahamat Mustapha », a précisé le parquet de N’Djamena.

C’est le « coordinateur d’un réseau de trafic d’armes et de munitions entre le Nigeria, le Cameroun et le Tchad. Il est responsable également de la logistique, notamment d’achat d’armes, de matériels, du recrutement et de la gestion des hommes de la secte Boko Haram », a détaillé le procureur de la République, Alghassim Kassim.

Selon le magistrat, une perquisition à son domicile a notamment permis de saisir « des matériels de communication » et « divers documents religieux dont un manifeste en arabe (…) adressé aux adeptes de Boko Haram dans les différents pays africains ».

Après cette descente, un compagnon du présumé « cerveau » a désigné aux policiers la maison où sont fabriquées « les bombes artisanales », a raconté le ministre.

Deuxième temps de l’opération: lundi matin, la police est donc intervenue dans cette maison pour une autre perquisition.

Aussitôt, « cinq Boko Haram se sont fait exploser », auxquels s’ajoute un sixième « kamikaze » dont le corps a été retrouvé ensuite, a déclaré M. Bireme Hamid. Cinq policiers ont perdu la vie, et trois ont été blessés.

« Nous avons récupéré trois ceintures d’explosif, arrêté deux éléments de Boko Haram. Une femme avec enfants, présente dans la concession, a été mise à la disposition de la police judiciaire et une autre femme est en fuite », a conclu le ministre.

Les attaques du 15 juin, les premières du genre dans le pays, n’ont pas été revendiquées mais le gouvernement du président Idriss Déby a accusé Boko Haram.

Le procureur de la République a par ailleurs annoncé le démantèlement d’une « cellule active d’un réseau terroriste ». « Soixante personnes ont été interpellées », dont des ressortissants tchadiens, camerounais, nigérians et maliens.

Au total, 74 personnes soupçonnées d’appartenir à Boko Haram sont « actuellement détenues », a-t-il affirmé.

Selon le procureur, l’un des trois kamikazes du 15 juin a été identifié.

Selon M. Kassim, « les fragments (d’engins explosifs) collectés sur les lieux de l’attentat » ont été « confiés au FBI pour analyse dans un laboratoire spécialisé ».

Selon une source locale, des enquêteurs américains sont en effet arrivés à N’Djamena.

– Huit islamistes tués au Nigeria –

L’armée tchadienne est engagée dans une opération militaire régionale depuis le début de l’année contre l’insurrection islamiste, qui s’est étendue au-delà du nord-est du Nigeria, son fief historique, vers les pays limitrophes: Tchad, Niger et Cameroun.

Cette offensive a infligé de sérieux revers au groupe affilié à l’organisation Etat islamique (EI), mais les insurgés n’ont pas cessé leurs raids.

Dimanche, l’armée tchadienne positionnée à Fotokol, dans l’extrême nord du Cameroun, a « intercepté des éléments de Boko Haram » venus se ravitailler dans la ville nigériane frontalière de Gamboru, selon une source militaire tchadienne.

« L’armée tchadienne a tué huit éléments de Boko Haram », a indiqué cette source.

Un habitant de Fotokol, Umar Babakalli, a évoqué une incursion conjointe des armées tchadienne et camerounaise. « Il y a eu de violents combats et nous pouvions entendre des tirs nourris. Trois heures plus tard, les troupes sont rentrées à Fotokol sous les acclamations de la population ».

Selon la source militaire tchadienne, l’aviation tchadienne a bombardé dimanche les positions de Boko Haram sur des îles du lac Tchad. Les bombardements ont repris lundi matin.

Contrôles et fouilles ont redoublé depuis 10 jours à N’Djamena.

Le gouvernement a interdit dans tout le Tchad le port de la burqa, ou de tout vêtement cachant intégralement le visage, par crainte d’attentats perpétrés par des femmes kamikazes.

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