Burkina: tensions nocturnes autour de la garde présidentielle à Ouagadougou

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Ouagadougou (AFP)-Des tirs ont brièvement résonné lundi soir dans la caserne de la garde présidentielle, pilier du pouvoir de l’ex-président Blaise Compaoré, dont la société civile et une partie des autorités gouvernant le Burkina Faso réclament la dissolution, a constaté l’AFP.

Ces tirs en l’air, qui ont démarré après 22H00 (locales et GMT) et ont duré quelques minutes, étaient liés à une « manifestation » de colère des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) contre « la convocation de leurs chefs » à la gendarmerie lundi, a indiqué un responsable du RSP.

La caserne du RSP est située derrière Kosyam, le palais présidentiel, au sein de Ouaga 2000, un quartier bourgeois et récent.

Trois officiers, dont le patron du RSP, ont été entendus lundi après des rumeurs selon lesquelles « une action devait être fomentée contre le Premier ministre » Isaac Zida à son retour dimanche d’un voyage officiel à Taïwan, a poursuivi cet officier.

« Nous avons atterri à la base militaire plutôt qu’à l’aéroport par crainte d’un coup d’Etat », a confirmé un proche d’Isaac Zida à l’AFP, ajoutant que les trois cadres du RSP ont été relâchés après leurs auditions.

« Ils nous appris aujourd’hui (lundi) qu’on voulait faire hier (dimanche) un attentat contre le Premier ministre », a ironisé un autre officier du RSP, pour qui le gouvernement « cherche » par de telles actions « des arguments pour prolonger la transition » démocratique.

Le gouvernement burkinabè n’a pu être joint par l’AFP pour commentaire.

Le Burkina Faso est dirigé depuis la chute fin octobre de Blaise Compaoré – chassé par la rue après 27 ans de règne – par un exécutif conduit par le président Michel Kafando, un diplomate à la retraite, et son Premier ministre le lieutenant-colonel Isaac Zida.

Ce régime dit de « transition » démocratique doit rendre les rênes du pays à un exécutif élu lors des présidentielle et législatives d’octobre.

Isaac Zida, après avoir demandé publiquement la dissolution du RSP en décembre, a changé d’avis. « L’armée a besoin du RSP (et) le pays a besoin du RSP », a-t-il affirmé mi-juin devant l’assemblée nationale.

Le calme est revenu, même si des patrouilles du RSP et de l’armée sillonnaient encore Ouaga 2000 vers minuit (locales et GMT), a constaté l’AFP.

Le RSP, une garde prétorienne de quelque 1.300 hommes, considéré comme la troupe la mieux formée de l’armée burkinabè, était aussi présentée comme le bras séculier de l’ex-président Blaise Compaoré.

Début février, ce corps avait provoqué une brève crise politique en exigeant la démission du Premier ministre Zida, également numéro 2 de ce régiment.

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