Ebola: au moins deux nouveaux cas au Liberia, les mesures d’hygiène font leur retour

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Monrovia (AFP)-Au moins deux nouveaux malades d’Ebola ont été identifiés au Liberia, après l’annonce mardi du premier cas en trois mois dans le pays, où la population doit à nouveau appliquer les mesures d’hygiène en vigueur au plus fort de l’épidémie.

Le Liberia se croyait jusqu’à cette semaine débarrassé du virus, comme l’avait certifié le 9 mai l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 42 jours – soit deux fois la durée maximale d’incubation – après l’enterrement de la dernière victime, le 28 mars.

Mais mardi, les autorités ont annoncé la mort dans un village proche de l’aéroport international Roberts, au sud-est de Monrovia, d’un adolescent victime d’Ebola, tombé malade le 21 juin, d’après le rapport hebdomadaire publié mercredi par l’OMS.

Selon le vice-ministre de la Santé Tolbert Nyensuah, ce Libérien de 17 ans est décédé le 28 juin et l’échantillon prélevé sur son corps a été confirmé positif au virus le lendemain.

Mercredi, « deux personnes supplémentaires ont été testées positives parmi les gens ayant été en contact avec l’adolescent », a déclaré à l’AFP Cestus Tarpeh, porte-parole des autorités sanitaires de la province de Margibi, à l’est de la capitale, disant attendre encore « les résultats d’autres analyses sanguines ».

Au total, 102 personnes ont été identifiées comme ayant eu des contacts avec l’adolescent, a indiqué l’OMS.

Les enquêtes épidémiologiques se poursuivaient sur l’origine de ce nouveau cas, afin de déterminer s’il provient d’une contamination par un des deux pays voisins encore touchés par Ebola, la Guinée et la Sierra Leone, ou d’un foyer non identifié au Liberia.

Moses Massaquoi, un des responsables de la cellule de crise anti-Ebola, a précisé à l’AFP que parmi les personnes sous surveillance figuraient 14 soignants, qui ont décidé de se placer en quarantaine.

Selon l’OMS, l’adolescent avait été traité dans un centre de soins pour paludisme, une maladie dont les premiers symptômes sont similaires à ceux d’Ebola, puis renvoyé chez lui.

« Il est probable que nous allons trouver des cas supplémentaires », avait prévenu dès mardi la ministre de la Santé Bernice Dahn, après l’annonce du décès.

– ‘Le diable est de retour’ –

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, la plus grave depuis l’identification du virus en Afrique centrale en 1976, était partie en décembre 2013 du Sud guinéen. Elle a fait plus de 11.200 morts sur plus de 27.500 cas, un bilan sous-évalué de l’aveu même de l’OMS.

Plus de 99% des victimes se concentrent en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia. Ce dernier a payé le plus lourd tribut, avec 4.800 morts.

A Monrovia, les seaux d’eau chlorée et l' »Ebola shake » (« salut Ebola »), un contact limité au coude pour éviter la poignée de mains – le virus se transmet par les fluides corporels -, sont réapparus.

« Nous ressortons les seaux +Ebola+. Nous nous lavions toujours les mains, mais il ne restait plus que quelques seaux », explique Samanta Blamo, 55 ans, une commerçante du marché populeux de Redlight. « Maintenant, tout le monde en a un de nouveau, comme en 2014 », au pic de l’épidémie.

Plus loin, un homme, Mamadee Sakor, 43 ans, refuse la poignée de mains d’un ami. « Non, non, mon gars. Faisons le salut Ebola parce que le Diable est de retour dans notre pays », se justifie-t-il.

Cette résurgence est « un avertissement, pour nous dire que le travail n’est pas terminé », a affirmé lors d’une conférence téléphonique depuis Washington la secrétaire d’Etat adjointe américaine pour l’Afrique, Linda Thomas-Greenfield, dont le pays a apporté un important soutien au Liberia contre l’épidémie.

Son origine est « inconnue à ce stade », a précisé l’OMS, selon laquelle l’adolescent n’aurait pas voyagé récemment, ni eu de contact avec des voyageurs en provenance de Guinée ou de Sierra Leone ou participé à des funérailles de victime d’Ebola.

Après une nette décrue depuis le début de l’année, l’épidémie était repartie à la hausse en Guinée et en Sierra Leone en mai, en raison notamment de la persistance du non-respect des consignes sanitaires.

Le virus a de nouveau été signalé depuis la mi-juin à Freetown, la capitale sierra-léonaise, qui espérait en être débarrassée après trois semaines sans nouveau cas.

Des employés d’un hôpital font entrer des victimes dans une voiture, le 7 mars 2015 à Monrovia au Libéria

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