Référendum grec: en Europe, un front éclectique pour le non

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Rome (AFP)-Des extrêmes gauches aux extrêmes droites, de nombreux partis eurosceptiques voient dans le référendum en Grèce une occasion de porter un véritable coup à la monnaie unique, même si les motivations et les objectifs divergent nettement.

Depuis l’Italie, plusieurs responsables politiques ont annoncé qu’ils se rendraient dimanche à Athènes pour soutenir le gouvernement d’Alexis Tsipras et son appel à voter non à l’Europe de l’austérité.

Pour Nichi Vendola, chef du Parti Gauche, écologie et liberté (SEL), il s’agit de « manifester notre solidarité avec le peuple grec, et avec cette idée de l’Europe incompatible avec la boucherie sociale ordonnée par Bruxelles et bénie par Berlin ».

En Espagne, le parti de gauche radicale Podemos, qui soutient le gouvernement Tsipras mais ne se prononce pas ouvertement pour le oui ou le non, enverra Pablo Bustinduy, chargé des relations internationales.

« Le problème n’est pas grec, il est européen (…). Certains cherchent à démontrer contre la population grecque qu’il n’est pas possible de mener des politiques alternatives en Europe et concrètement dans le sud de l’Europe », a estimé Inigo Errejon, numéro deux du parti.

En France, Jean-Luc Mélenchon, chef du Parti de gauche, a lui aussi dénoncé « un étranglement méthodique, systématique de la Grèce entrepris par l’Eurogroupe pour faire un exemple, de manière à ce que les peuples aient peur d’une catastrophe financière dans leur pays ».

L’inclassable humoriste italien Beppe Grillo sera également dimanche à Athènes, lui qui réclame à cor et à cri depuis des mois un référendum en Italie sur une sortie de l’euro.

« Nous voulons dire publiquement que Tsipras, avec ce référendum, est en train de faire une chose extraordinaire parce que, démocratiquement, il est en train de donner le dernier mot au peuple grec », a-t-il lancé en appelant à voter non.

– ‘Le début de la fin’ –

Mais l’initiative de M. Tsipras est saluée également à droite, et surtout à l’extrême droite de l’échiquier politique européen, où de nombreux partis veulent y voir une première étape vers le rétablissement d’une plus grande souveraineté des Etats.

« D’une certaine manière, je dis +Allez Tsipras+, même si je suis très loin de sa vision idéologique, de sa politique économique, de ses fourberies. On en a marre de cette Europe des bureaucrates, on en a marre de cette Europe allemande », a déclaré Renato Brunetta, un responsable du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi.

En France, la présidente du Front national, Marine Le Pen, s’est déclarée vendredi en faveur du non: « Est-ce que ce sont les peuples qui ont le dernier mot ou est-ce que ce sont les technocrates de Bruxelles? (…). La seule solution c’est que la Grèce retrouve une monnaie nationale ».

« La Grèce a été appauvrie pendant trop longtemps par son appartenance à l’euro. Cette crise est une opportunité (…). Le peuple grec a besoin de liberté pour prospérer », a renchéri le chef du parti europhobe britannique Ukip, Nigel Farage.

« Si j’étais grec, je voterais non, parce qu’on ne peut pas humilier les peuples », a insisté l’allié italien du FN, Matteo Salvini, chef de la Ligue du Nord, en menaçant d’appeler ses partisans à se précipiter eux aussi sur les distributeurs de billets afin de montrer qu’ils n’étaient « pas les esclaves de la Banque centrale européenne ».

« Cette Europe est un désastre. Les règles européennes sont des désastres, les traités européens sont tous à revoir, un par un, la monnaie unique est une erreur, donc, avant de mourir de faim et de chômage, il vaut mieux s’arrêter et tout revoir, recommencer du début », a-t-il ajouté.

Le FPÖ autrichien, lui aussi allié du FN à Bruxelles, fait le même constat d’échec: « Depuis 2008, tous les efforts pour stabiliser et sauver l’euro n’ont fait qu’empirer le problème », a déclaré à l’AFP son secrétaire général, Harald Vilimsky.

Pour lui, quel que soit le résultat du vote, la crise grecque est déjà « le début de la fin pour l’euro ».

Beppe Grillo lors d’une conférence de presse le 18 décembre 2014 à Rome
Marine le Pen lors d’une conférence de presse au siège du FN, le 25 mars 2014 à Nanterre

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