Brexit, ce que l’on sait

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Londres (AFP) – La Cour suprême du Royaume-Uni rend mardi sa décision sur le rôle du Parlement dans le déclenchement du processus de sortie de l’Union européenne, dont le calendrier exact et les termes précis restent encore incertains.

+ Rôle du Parlement

Si la plus haute juridiction britannique estime que le Parlement doit être consulté, la Première ministre conservatrice Theresa May sera obligée de présenter un projet de loi autorisant l’activation de l’article 50 du Traité de Lisbonne qui lancera le Brexit, ce qui pourrait retarder le début des négociations.

Le gouvernement aurait cependant prévu de présenter un texte très court et difficile à amender pour éviter des débats à rallonge.

Bien qu’ils aient défendu en majorité le maintien dans l’UE lors de la campagne du référendum, les députés devraient adopter un tel texte pour éviter de s’attirer les foudres de leurs électeurs.

Quoi qu’il arrive, le résultat des négociations de sortie sera soumis au Parlement, a annoncé Mme May.

+ Brexit ‘dur’ et sortie du marché unique

En dévoilant mardi sa vision de la sortie de l’UE lors d’un discours à Londres, Theresa May a défendu une rupture « claire et nette » avec l’UE, une option présentée comme celle d’un Brexit « dur ».

Conséquence: le Royaume-Uni, a expliqué M. May, devra sortir du marché unique et de la Cour européenne de justice, et négocier un futur accord commercial « audacieux et ambitieux » avec l’UE.

+ Calendrier

Theresa May a promis d’activer l’article 50 avant la fin mars.

Les deux parties disposeront ensuite de deux années pour boucler les négociations de sortie. Le négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit, le Français Michel Barnier, a toutefois déclaré vouloir parvenir à un accord avant la campagne des élections européennes de 2019 ce qui ramènerait la durée des négociations à 18 mois.

+ Immigration

« Le Royaume-Uni est un pays ouvert et tolérant mais le message du peuple a été très clair: le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d’Européens qui viennent au Royaume-Uni, et c’est ce que nous allons faire », a affirmé Mme May.

Son ministre des Finances Philip Hammond a déclaré vendredi à Davos (Suisse) que son pays resterait ouvert aux Européens sortis des meilleurs universités, citant par exemple les informaticiens ou les chirurgiens.

Mme May a également affirmé qu’elle chercherait à garantir les droits des citoyens européens déjà présents au Royaume-Uni si ceux des Britanniques qui vivent dans des pays de l’UE le sont aussi.

+ Accord de transition

L’article 50 portera uniquement sur le divorce entre le Royaume-Uni et l’UE. Leurs relations futures, notamment commerciales mais aussi en matière judiciaire, devront faire l’objet d’autres négociations qui pourraient prendre de longues années. D’où l’idée d’un accord de transition qui permettrait d’éviter une sortie trop abrupte du giron européen, en particulier pour les entreprises, en attendant l’accord définitif.

Mme May a dit souhaiter que le processus de sortie se fasse « par étapes ». « Ce n’est dans l’intérêt de personne qu’il y ait une rupture trop brutale », a-t-elle souligné, tout en excluant « un statut transitoire sans limites » dans le temps.

+ L’économie fait de la résistance

Alors que les scénarios les plus pessimistes prévoyaient un choc pour l’économie britannique dans la foulée du référendum du 23 juin, celle-ci a fait preuve de résilience, comme en attestent une série d’indicateurs récents, dont celui du chômage, stable à 4,8% fin octobre, et une prévision de croissance de 2,1% pour l’ensemble de 2016.

Si l’activité britannique résiste jusqu’à présent, les pouvoirs publics et l’immense majorité des économistes s’attendent cependant à un net coup de frein pour 2017.

Principaux partenaires commerciaux du Royaume-Uni
L’article 50 au coeur du Brexit

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