RDC: Seize morts dans les affrontements de Béni

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Goma (RD Congo) (AFP) – Les affrontements à l’arme lourde entre des miliciens et l’armée congolaise qui ont repris jeudi dans la ville de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo après trois jours d’accalmie, ont fait seize morts et dix blessés.

Selon des habitants, des rafales d’armes légères et des détonations de tirs d’armes lourdes ont été entendues étaient tôt le matin en provenance d’un quartier est de cette ville de plus de 800.000 habitants du nord de la province du Nord-Kivu.

« Le bilan provisoire est de 13 assaillants Maï-Maï tués, plus six blessés, et trois morts du côté des FARDC (Forces armée de la RDC) », a déclaré à l’AFP le lieutenant Jules Tshikudi, porte-parole de l’armée dans la région.

La Mission de l’ONU en RDC (Monusco) déclare avoir déployé deux sections de casques bleus et fait le bilan provisoire de « neuf Maï-Maï tués », selon le capitaine Adil Asserhir, l’un des porte-parole militaires des Casques bleus interrogé par l’AFP.

« Le calme est revenu dans la ville », selon l’armée. La Monusco affirme de son côté que les assaillants ont été repoussés après avoir ouvert deux fronts près de Beni.

« On n’entend plus les balles crépiter », a réagi à l’AFP Gilbert Kambale, président de la société civile de Beni. Mais, « ces Maï-Maï étant imprévisibles », il dit redouter « une nuit cauchemardesque à cause de la psychose des attaques ».

Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont accusé les Maï-Maï (milices locales) d’avoir « attaqué » vers 06h30 jeudi matin (04h30 GMT) leur position de la localité de Kalau au nord-est de la ville de Beni.

« Les assaillants ont également attaqué une autre position des FARDC à Rwangoma », accuse l’armée.

– Obus sur une école-

Au cœur de la ville de Beni, un obus est tombé sur une école où se déroulaient les examens d’État, l’équivalent du baccalauréat. « Trois personnes ont été blessées: un enseignant, un inspecteur et un agent de l’ANR » (Agence nationale des renseignements), a rapporté François Xavier Kambesa, directeur de l’école et présent sur les lieux de l’incident.

Interrogé par l’AFP, John Mangaïko, qui se présente comme porte-parole des miliciens engagés dans ces combats – qui ne se définissent pas comme Maï-Maï mais comme le Mouvement national pour la révolution (MNR), mouvement rebelle jusque-là inconnu – a pour sa part déclaré que les miliciens avaient « pourchassé les FARDC, mais se sont repliés vers la fin de la journée ».

Les violents combats de jeudi se sont concentrés autour des sièges de la police, de l’auditorat militaire et de la prison pour femmes.

Le chef de la police de Beni, le colonel Safari Kazingufu, a accusé les assaillants d’avoir voulu libérer des détenus dans ces trois lieux.

Samedi et dimanche, les FARDC avaient déjà affronté ces mêmes miliciens dans de violents combats qui avaient fait au moins une dizaine de morts. Les Casques bleus de la Monusco avaient affirmé avoir tué « au moins cinq miliciens » qui avaient tendu samedi une embuscade à une de leurs patrouilles.

La ville et le territoire de Beni sont situés dans le nord de la province troublée du Nord-Kivu. Depuis octobre 2014, plusieurs centaines des personnes y ont été tuées dans une série de massacres attribués aux Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion musulmane ougandaise présente en RDC.

L’armée a affirmé que parmi les assaillants du week-end et de ce jeudi figurent des prisonniers qui s’étaient évadés de la prison centrale de Beni le 11 juin. Plus de 900 détenus s’étaient alors échappés après une attaque d’hommes armés non identifiés. Parmi les évadés, plusieurs dizaines d’éléments ADF et des personnes se présentant comme des combattants Maï-Maï.

Les Maï-Maï sont des groupes « d’autodéfense » constitués sur une base essentiellement ethnique. Pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), nombre de ces groupes ont été armés par le pouvoir pour combattre les envahisseurs ougandais ou rwandais. Certains n’ont jamais désarmé.

L’Est congolais, constellé de groupes armés nationaux et étrangers, est déchiré par plus de vingt ans de conflits armés, alimentés par des différends ethniques et fonciers, la concurrence pour le contrôle des ressources minières de la région et des rivalités entre puissances régionales.

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