John Kelly, le chef militaire qui a séduit Trump à la Sécurité intérieure

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Washington (AFP) – John Kelly, général en retraite, ancien Marine et ministre de la Sécurité intérieure, nommé par Donald Trump secrétaire général de la Maison Blanche, a su séduire le président en mettant en musique le durcissement de la politique migratoire.

Donald Trump, qui aime s’entourer de généraux, a salué dans un tweet le « boulot spectaculaire » de John Kelly à la Sécurité intérieure, voyant dans cet ex-chef militaire qui a combattu en Irak une « véritable étoile de (son) administration ».

En tant que ministre, M. Kelly, 67 ans, a avant tout incarné la politique migratoire renforcée voulue par le milliardaire républicain et ses projets les plus emblématiques: la lutte contre les clandestins, le projet d’interdiction d’entrée aux Etats-Unis de ressortissants de six pays à majorité musulmane et l’engagement à construire un mur le long de la frontière avec le Mexique.

Ce projet, qui a fait couler beaucoup d’encre, est pour l’instant bloqué en raison des réticences du Congrès à autoriser le financement d’un ouvrage évalué à 20 milliards de dollars.

John Kelly s’est rendu deux fois au Mexique et a reçu aussi le gouvernement mexicain pour discuter de l’immigration, de la traite d’êtres humains et de l’augmentation du trafic de drogue entre les deux pays.

Avant de piloter le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), le général Kelly était fort d’une longue carrière militaire qui l’a conduit à la tête du commandement des forces américaines en Amérique du Sud en Amérique centrale.

Chef de ce « Southcom » de 2012 à 2016, John Kelly, qui a passé au total 45 ans chez les Marines, a dirigé les importants moyens militaires engagés dans la lutte contre le trafic de drogue vers les Etats-Unis. Il a noué à cette époque de nombreux contacts avec les gouvernements de la région.

Ministre du tentaculaire DHS, il avait la charge du contrôle des frontières, de l’immigration, du Secret service qui protège le président et des hautes personnalités, la sécurité aéroportuaire ou encore la lutte contre le piratage informatique.

Le général Kelly connaît bien aussi le fonctionnement du Congrès, pour avoir été l’officier de liaison des Marines auprès des parlementaires entre 1995 et 1999.

Homme de caractère, la mine souvent sévère, M. Kelly avait servi l’administration de Barack Obama sans cacher ses désaccords: il n’était pas par exemple favorable à la fermeture du camp de prisonniers de Guantanamo.

– Un fils mort au combat –

Pas plus qu’il n’était partisan de l’ouverture de tous les postes de combat aux femmes.

John Kelly est aussi connu par le grand public aux Etats-Unis pour sa tragédie personnelle: il est l’un des rares chefs militaires à avoir perdu un enfant au combat. Son plus jeune fils Robert, lui-même Marine, est mort en Afghanistan en novembre 2010.

Enfant d’un des quartiers difficiles de Boston (nord-est), John Kelly s’est engagé dans les Marines en 1970, à 20 ans, en plein guerre du Vietnam. Il quitte les Marines deux ans plus tard avec le grade de sergent, reprend des études et se ré-engage en 1976 comme officier.

Il a combattu en Irak à plusieurs reprises. Il fut l’adjoint du général Jim Mattis, aujourd’hui secrétaire à la Défense, lorsqu’il mena sa première division des Marines à l’assaut de Bagdad en 2003.

John Kelly fut aussi l’un des stratèges militaires à mettre en oeuvre en Irak, à partir de 2007, le « réveil sunnite » qui consistait à s’appuyer sur les chefs sunnites pour vaincre Al-Qaïda.

« Un jour vous quitterez le corps des Marines, vous rangerez votre uniforme, mais vous ne cesserez jamais d’être un Marine », avait-il lancé à ses troupes, avant de rejoindre en 2016 la politique et Donald Trump.

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