Syrie: l’accès à la nourriture à Raqa devient critique

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Beyrouth (AFP) – L’accès à la nourriture dans Raqa, le bastion assiégé du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé à un « point critique », les habitants ne pouvant plus compter que sur leurs réserves, a indiqué lundi une ONG.

Raqa (nord) est le théâtre depuis près de deux mois de violents combats entre les jihadistes de l’EI et des combattants kurdes et arabes soutenus par les Etats-Unis.

Selon REACH, un réseau d’ONG humanitaires opérant autour de la ville, la situation est dramatique.

« La majorité des informateurs rapportent que les habitants ne peuvent plus compter que sur leurs propres stocks de nourriture », a indiqué REACH. « Les marchés et magasins d’alimentation sont dans l’ensemble fermés ».

Le pain est devenu difficile à trouver dans toute la ville, alors qu’il y a quelques semaines encore, on en trouvait régulièrement dans 15 des 24 quartiers de la ville, selon la même source.

Le prix de denrées a par ailleurs explosé, forçant les résidents à moins manger ou à sauter des repas.

Le collectif de militants locaux Raqa is Being Slaughtered Silently (« Raqa est massacrée en silence »), qui publie régulièrement des informations en provenance de la ville, a également fait part de problèmes d’accès aux produits d’alimentation.

« Les boulangeries sont fermées car il n’y a plus de carburant et de farine, et les propriétaires de magasins ont fui. », a récemment indiqué à l’AFP un membre de ce collectif, Houssam Issa.

« Les gens ne peuvent pas utiliser leurs réfrigérateurs car il n’y a plus d’électricité, ils ne peuvent plus cuisiner car il n’y a plus d’eau ».

Entre 20.000 et 50.000 civils sont pris au piège à Raqa, selon l’ONU.

Mais REACH affirme que le chiffre pourrait en fait être de 10.000, le quartier le plus peuplé étant celui d’Al-Hurriya dans le nord de la ville, avec au maximum 5.000 habitants. En outre, 14 des 24 quartiers seraient complètement désertés ou quasiment abandonnés.

Le réseau d’ONG assure qu’une seule aile de l’hôpital de Raqa fonctionne encore, seulement pour des premiers soins.

Selon Médecins sans frontières, les civils blessés n’ont quasiment plus accès aux soins.

« A Raqa, si tu ne meurs pas dans une frappe aérienne, tu es tué par un tir de mortier. Sinon, c’est pas un tir de sniper ou alors par un engin explosif », a indiqué à MSF un civil de 41 ans, blessé à la poitrine par des éclats et qui a pu fuir Raqa.

« Et si tu survis, tu souffres de faim et de soif car il n’y a ni nourriture, ni eau ni électricité », a-t-il expliqué.

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